Dix-huit personnes sont mortes hier - Imposition de la loi martiale en Guinée

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AFP
Édition du mardi 13 février 2007

Mots clés : Union Africaine, loi martiale, Violence, Guinée (pays)

L'Union africaine demande la nomination d'un premier ministre de consensus

Le président guinéen Lansana Conté a proclamé hier la loi martiale pour mettre fin aux violences qui ont émaillé la reprise de la grève générale. Au moins 18 personnes ont été tuées hier lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

«Étant donné la situation, les destructions et les pertes de vies humaines, j'ai décidé de décréter la loi martiale sur l'ensemble du territoire national», a déclaré le président sur les ondes de la radio publique.

Les syndicats à l'origine du mouvement, qui estiment que le chef de l'État, âgé et malade, n'était plus capable d'assumer la magistrature suprême, contestent la nomination, vendredi, du ministre d'État Eugène Camara à la tête du gouvernement.

L'Union africaine (UA) a pour sa part appelé hier le président guinéen Lansana Conté à nommer un premier ministre de consensus pour mettre fin aux violences qui secouent ce pays d'Afrique de l'Ouest.

«Les dernières évolutions sont liées au choix du nouveau premier ministre qui devait être un premier ministre de consensus», a déclaré le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré dans une condamnation implicite du choix récent du nouveau premier ministre, Eugène Camara.

Au moins 18 manifestants ont été tués hier dans la banlieue de Conakry, portant à plus de 100 le nombre de morts depuis début janvier en Guinée, paralysée par la reprise d'une grève générale pour exiger le départ du président, au pouvoir depuis 23 ans.

Évoquant les dernières violences, le patron de l'UA a jugé la situation très préoccupante. «Aujourd'hui, nous devons tous nous lever pour être solidaire du peuple de Guinée, des travailleurs, des jeunes et des femmes de Guinée», a-t-il ajouté. «Chaque jour, des victimes innocentes tombent, nous condamnons bien sûr ces tueries contre des populations civiles et avons appelé à une enquête indépendante pour déterminer les coupables, et les traduire en conséquences.»

M. Konaré a insisté sur la nécessité de mettre en place une période de transition pour «régler cette crise politique profonde».

Appelant à «une solution ferme pour éviter de nouvelle tueries», M. Konaré a estimé que «l'on ne peut pas laisser la Guinée seule dans cette situation» et qu'il faut relancer les efforts de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), notamment l'envoi d'une mission de haut niveau en Guinée.

«Il faut aller vite. Si on fait du bricolage, il faut craindre que cela ne tienne pas et qu'après ce soit encore plus violent», a-t-il averti.


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