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La signification

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Linda Hart
Envoyé Le lundi 12 février 2007 18:00



Je me suis intéressée à l'origine du "hidjâb", afin de comprendre exactement quel est le type de pression qui s'exerce sur celles qui le portent et aussi de vérifier s'il s'agit bien d'une consécration de l'inégalité des sexes.

Avant d'aller plus loin, citons Sheikh Ahmad Kutty, un savant musulman de l'Institut Islamique de Toronto : "Si une femme refuse de porter le hidjâb, après avoir su qu'il s'agit d'une PRESCRIPTION DIVINE, elle est certainement pécheresse et commet une GRAVE TRANSGRESSION au regard de Dieu".

Il s'agit donc d'une prescription divine et absolue à laquelle la croyante doit se soumettre inconditionnellement. Cette prescription trouve son origine dans la sourate An nour, verset 31 "Et dis aux croyantes qu'elles baissent leur regard et qu'elles gardent leur chasteté et qu'elles ne montrent leur parure, que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leur poitrine ; et qu'elles ne montrent leur parure qu'à leur mari, ou leur père, ou au père de leur mari, ou à leurs fils, ou aux fils de leur mari, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs...".
L'autre dimension incluse dans le port du hidjâb se nomme "awrah" qu'on peut traduire approximativement par "parties intimes du corps". Le Coran ressemble, sous biens des aspects, à un livre de recettes et concernant l'awrah d'une femme, il est semble-t-il très précis : tout le corps d'une femme est awrah, à l'exception du visage, de la racine des cheveux (les cheveux étant awrah) au menton et d'une tempe à l'autre (les oreilles aussi sont awrah), des mains et des pieds. Le visage n'est pas awrah à deux conditions : 1- la femme ne doit pas être maquillée en présence d'hommes étrangers; 2- si son visage représente une "fitnah" (source de tentation interdite), il ne lui est pas permis de garder le visage découvert.
L'interprétation de la sourate An nour conduit les spécialistes à préciser que le vêtement féminin doit être ample, épais et non transparent, afin de ne pas attirer la convoitise masculine. Pour la même raison, il est interdit à la femme de se parfumer lorsqu'elle sort de chez elle.

Les spécialistes du livre de recettes nous expliquent très doctement et avec le plus grand sérieux que le hidjâb n'implique aucune soumission ou infériorité par rapport aux hommes. Il s'agit d'un élément de soumission envers Allah et de préservation de la moralité et de la chasteté des FEMMES.

En ce qui regarde les hommes, la région awrah se situe entre le nombril et les genoux, la seule prescription étant de couvrir cette région.
Peut-être que les gens d'Hérouxville ont trouvé que leurs visiteuses étaient belles, personnellement je les trouve pathétiques.

Cette religion comme toutes les autres n'est rien d'autre qu'une diabolisation du corps féminin. Lire ces pages d'explications concernant la chasteté des femmes et ce désir maladif de rendre leur corps informe, de les priver de tout attrait, de les soumettre à des obligations qu'on ne justifie finalement que comme un moyen de protection contre la concupiscence masculine m'a révoltée et je ne peux comprendre que des femmes instruites se prêtent à une telle mascarade.

Le ton condescendant de ces "spécialistes" du Coran, qui ont l'outrecuidance d'affirmer comme allant de soi que le hidjâb n'a rien à voir avec la soumission de la femme à l'homme ou avec une proclamation de son infériorité, me fait rager. Comment ces femmes ont-elles été amenées à croire qu'un Dieu, qui a créé la femme avec un sexe et une poitrine, leur nie soudainement tout espèce de contrôle sur leur sexualité et s'avère n'être somme toute qu'un misogyne de la pire espèce.

Cette diabolisation du corps féminin n'a rien à voir avec Dieu, elle n'est rien d'autre que le fait d'hommes à la libido débridée qui, au lieu d'apprendre à se contenir, ou admettre qu'ils ont un problème, préfèrent utiliser la femme comme bouc émissaire en la transformant en un sac informe, afin de faire taire leurs pulsions.

Ce qui ressort de ces textes c'est que la femme est une tentatrice, une créature inférieure dont la sexualité doit être très sévèrement réprimée. Cette sexualité n'est disponible que pour son mari et tous les hommes étrangers sont considérés comme des obsédés sexuels dont la femme doit absolument se protéger. Cela ressemble à du délire paranoïaque.
En ce qui regarde l'excision, les gens d'Hérouxville peuvent quant à moi continuer à la mentionner. Je cite Melinda Madueno, juriste : "Qu'en est-il ici, au Québec, terre d'immigration ? Selon les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), au moins 5% des victimes des MGF, soit plus de 6,5 millions de femmes, vivent en Occident.

En raison de l'immigration récente de populations en provenance de la Somalie, de l'Éthiopie, de l'Érythrée, du Soudan et du Nigeria, on trouve au Canada de plus en plus de femmes ayant subi ces mutilations. Et même si ce sujet demeure tabou, et ce, aussi bien au sein des communautés touchées que dans la société dans son ensemble, DES EXCISIONS SE PRATIQUENT AU QUÉBEC". Continuons avec Phyllis Chesler, écrivain et membre du Conseil des érudits pour la paix au Moyen Orient : "...De plus, des millions de femmes musulmanes sont mutilées sur le plan génital, et ce n'est pas seulement en Afrique musulmane.

C'est de plus en plus fréquent en Iran, en Europe et en Amérique du Nord, où les opérations sont réalisées en toute tranquilité dans les hôpitaux". Je termine là-dessus avec le témoignage de Khadidia Diawara, une femme Africaine excisée : "Je suis africaine et fière de l'être, mais une société doit évoluer. Il faut savoir garder les bonnes coutumes, celles qui participent à l'épanouissement de nos enfants et se séparer des autres. Je ne me suis jamais sentie une femme à part entière. Ma chair est mutilée. Pour moi, le sexe n'est que douleur".

En terminant, j'aimerais citer quelques interventions qui me semblent jeter un éclairage intéressant sur notre débat :
Fethi Benslama, professeur et psychanalyste : "L'oppression des femmes ne dégrade pas seulement la femme mais organise dans l'ensemble de la société, l'inégalité, la haine de l'altérité, la violence ordonnées par le pouvoir mâle. La discrimination concernant les femmes trouve ses sources dans le texte coranique. L'effet de ces Hadith dans la réalité se traduit par jouissez des femmes et haïssez leurs désirs. Il est temps de traiter l'égalité homme-femme dans la religion musulmane, même s'il faut aller à l'encontre de certains textes. C'est un combat essentiel à mener au nom de la Démocratie.... Aujourd'hui on ne peut plus débattre et critiquer l'Islam sans être taxé d'Islamophobie".

Henri Pena-Ruiz, philosophe : "À l'école, il y a des élèves et non des petits juifs, musulmans, chrétiens ou athées. Ils sont là pour s'instruire et devenir des hommes libres ... à tout point de vue".

Wassilia Tamzali, présidente du Forum des Femmes Méditerranée-Algérie : "Lutter contre le voile à l'école ou sur la carte d'identité, ce n'est pas attaquer la religion. Le défendre en revanche, c'est remettre en questtion l'égalité des hommes et des femmes. Un proverbe dit qu'en cas de grand danger le chemin du milieu mène droit à la mort. Autrement dit, si on commence à négocier, nous sommes fichus".

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