Conférence de Québec - Le Nord-Est américain ne pourra atteindre son objectif de réduction des GES

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Édition du lundi 12 février 2007

Mots clés : GES, Conférence de Québec, Gouvernement, Pollution, États-Unis (pays), Québec (province)

Le premier ministre du Québec, Jean Charest

Photo: Jacques Grenier

Québec -- L'ambitieux programme de réduction des gaz à effet de serre que les États du Nord-Est américain s'étaient donné pour 2020 ne sera pas atteint, selon les données disponibles hier à la Conférence des six gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des cinq premiers ministres de l'Est du Canada.

En 2001, ces 11 États avaient adopté un plan selon lequel les émissions de gaz à effet de serre (GES) seraient, d'ici à 2020, réduites de 10 % par rapport à leur niveau de 1990.

Malgré de nombreuses mesures mises en place, les prévisions indiquent que, pour les six États américains, le niveau de GES n'aura pas diminué en 2020, mais aura même augmenté de 26 %.

Les États américains de la Nouvelle-Angleterre ont vu les GES augmenter de 14 % dans le secteur du transport, de 17 % dans le secteur résidentiel et de 28 % auprès des industries, depuis 12 ans.

Les États américains de la Nouvelle-Angleterre ont pourtant mis en place des mesures comme l'imposition des normes californiennes pour les véhicules automobiles. «Il y a des difficultés à atteindre le but fixé, a reconnu le gouverneur du Vermont, James Douglas. Mais on va faire tout ce qu'on peut. On doit faire mieux, être plus dynamiques, améliorer nos comportements, apprendre les uns des autres de nos expériences et élaborer une stratégie qui aura plus de succès à l'avenir.»

M. Douglas a rappelé que le Vermont était devenu l'État américain le plus efficace en matière de réduction d'émission de GES par habitant.

Plan du Québec

Par ailleurs, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a rappelé que le Québec a déposé le printemps dernier un plan de réduction des gaz qui devrait lui permettre d'atteindre les objectifs de Kyoto.

«Ce qui nous manque actuellement, c'est la contribution du gouvernement fédéral pour y arriver, a dit M. Charest. On pousse néanmoins vers l'objectif. Il faut se mettre au travail.»

Le plan du Québec consiste par exemple à se doter d'une production d'énergie de 4000 MW à partir d'éoliennes, soit 10 % de la production totale d'électricité.

M. Charest a toutefois admis qu'on ne pouvait pas ralentir la croissance économique, première responsable de l'augmentation des gaz à effet de serre.

«Certains personnes argumentent qu'il faut réduire la croissance économique, a soutenu le chef du gouvernement québécois. Ce n'est pas raisonnable de demander cela, avec la pauvreté et les iniquités économiques et sociales. Il faut choisir ce qui cause le moins de tort.»

Par exemple, au Québec, la stratégie de transport va permettre d'augmenter l'achalandage du transport en commun de 8 % d'ici à 2012, réduisant d'autant les émissions de GES dues à la circulation routière.

La conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'Est du Canada se poursuit aujourd'hui, à huis clos.

Elle vise à préparer la réunion qui se tiendra en juin, à l'Île-du-Prince-Édouard, et qui déterminera de nouveaux moyens de poursuivre la lutte contre les GES dans le nord-est de l'Amérique.


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