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la réalité d'un "réseau"
Ce réseau n'a cependant pas la visibilité, ni surtout le soutient financier, dont bénéficient les endroits consacrés avec leurs conseils d'administrations regroupant des amis bien placés et influents auprès des mécènes privés et de l'État. Il ne faut pas se le cacher, il y a aussi là un effet de génération, et la réalité pour bien des jeunes artistes est de se produire sans grands moyens, souvent à leurs propres frais, dans des endroits comme des petites salles de spectacles, des bars ou des galleries. Certes, l'intérêt des jeunes se déplace vers des nouvelles formes médiatiques, mais retourne aussi souvent vers les anciennes par le biais du métissage et de l'intégration (pensons au multimédia, à la culture DJ et VJ dans son volet expérimental).
Peut-être qu'une plus grande ouverture des institutions artisitiques dites classiques aux tendances du champ artistique actuel - sans dénaturer pour autant leur propre approche - pourrait faciliter l'intérêt d'une génération qui ne se reconnaît pas beaucoup dans des événements qui tournent parfois à l'autocélébration générationnelle et grisonnante (combien de rétrospectives contentes et quasi corporatistes sur les oeuvres et auteurs de "leur" temps). À cet égard comme pour autre chose, il semble qu'un dialogue fructueux entre générations et pratiques artistiques reste encore à élaborer, même s'il arrive parfois de tomber sur d'heureuses conversations qui gagneraient à obtenir davantage de diffusion.
Marc Ouimet
