Goodyear: le temps presse, rappellent Boisclair et Massé

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PC , Le Devoir
Édition du samedi 10 et du dimanche 11 février 2007

Mots clés : Parti québécois, André Boisclair, Goodyear, Syndicalisme, Québec (province)

Le chef péquiste et le président de la FTQ dénoncent le défaitisme des gouvernements

Le chef du Parti québécois s'est rendu à Salaberry-de-Valleyfield, hier matin, pour y rencontrer une cinquantaine de travailleurs, avec le président de la FTQ et des dirigeants de syndicats affiliés à la centrale. À la Ville de Salaberry-de-Valleyfield, on disait s'attendre hier à ce que le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, donne bientôt plus de détails sur la délégation qui doit se rendre aux États-Unis plaider la cause de l'usine auprès du président de Goodyear North Ameri

Photo: Jacques Nadeau

Tant le chef péquiste André Boisclair que le président de la FTQ Henri Massé ont dénoncé hier le défaitisme des gouvernements fédéral et provincial à l'égard de l'avenir de l'usine de pneus Goodyear.

«Je sens beaucoup de défaitisme, à l'heure actuelle, au gouvernement du Québec, sur cette question-là. C'est pour ça qu'on veut leur donner du tonus un peu, on va les aider», a lancé avec humour M. Massé.

Le chef du Parti québécois s'est rendu à Salaberry-de-Valleyfield, hier matin, pour y rencontrer une cinquantaine de travailleurs, avec le président de la FTQ et des dirigeants de syndicats affiliés à la centrale. Ils ont répondu aux questions des travailleurs inquiets et en colère contre les gouvernements.

Le nombre d'emplois doit y passer de 1000 à 200, lorsque l'usine de pneus Goodyear sera convertie en usine de fabrication de caoutchouc. Les travailleurs licenciés ont appris récemment qu'ils ne perdront pas leur emploi en juin, comme prévu au départ, mais dès le 31 mars.

À la Ville de Salaberry-de-Valleyfield, on disait s'attendre hier à ce que le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, donne bientôt plus de détails sur la délégation qui doit se rendre aux États-Unis plaider la cause de l'usine auprès du président de Goodyear North American Tire, Jon Rich. «Il y aura une annonce de faite probablement par le bureau de M. Bachand, lundi prochain, quant à la date et au lieu de la rencontre entre M. Rich et le comité de relance», a déclaré au Devoir la porte-parole Danielle Prieur.

Le cabinet du ministre Bachand n'a pas voulu confirmer l'information, disant simplement que le dossier suivait son cours et que l'on nous aviserait des prochains développements. Les membres du comité de relance n'ont pas caché, ces dernières semaines, qu'ils espéraient être accompagnés par des ministres fédéraux et provinciaux influents dans ce voyage de la dernière chance afin de donner le plus de poids possible à leur démarche.

On entend soumettre à cette occasion trois différents scénarios de relance, allant de la fabrication de nouveaux types de pneus à la conversion des installations en un vaste complexe de production de caoutchouc auquel participeraient d'autres entreprises. La mise au point de ces trois scénarios est pratiquement terminée, a assuré Danielle Prieur.

Le temps presse donc pour élaborer un plan de relance, ont fait valoir MM. Boisclair et Massé en s'adressant au groupe, puis à la presse.

«Si on veut passer à travers ça, il faut que tout le monde y croie. Même si on arrivait au comité de relance avec une nouvelle proposition et qu'on se dépêchait à envoyer ça par Purolator ou par lettre à Goodyear, je pense qu'on n'irait nulle part. Ça va prendre des contacts entre le premier ministre et le ministre de l'Industrie et du Commerce avec les hautes autorités aux États-Unis. Et nous, à la FTQ, avec le Fonds de solidarité, on est prêts à faire notre bout. Les travailleurs de Goodyear sont prêts à faire leur bout. Mais il faut enclencher le dialogue et que Goodyear sente qu'il aura le Québec sur le dos s'il ne fait pas ça», a commenté Henri Massé.

Le dirigeant syndical a également critiqué le gouvernement de Stephen Harper pour sa lenteur à réagir, qu'il attribue à un problème d'allergie à l'intervention de l'État.

M. Massé a d'ailleurs élargi le débat sur Goodyear à celui de toute l'industrie manufacturière québécoise.

Le chef péquiste André Boisclair, de son côté, a soutenu que, s'il était au pouvoir, il se rendrait personnellement rencontrer la haute direction de Goodyear pour tenter d'infléchir sa décision et sauvegarder le plus d'emplois possible à Salaberry-de-Valleyfield. «J'aimerais ça, sentir un engagement clair du ministre responsable de l'Industrie et du Commerce, sentir un engagement clair du premier ministre, qu'ils vont tout mettre en oeuvre [pour sauver l'usine]. Moi, si j'étais là, je bâtirais une coalition, avec les travailleurs, des gens de la région, le maire, et on irait voir les patrons et on essaierait de négocier», a lancé le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.

M. Massé, quant à lui, a noté qu'il avait déjà discuté du dossier avec le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, qui étudie la question.

La Presse canadienne et Le Devoir


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