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C'était bien çà!
« Le remaniement ministériel auquel vient de procéder le Premier ministre Harper n'a guère d'autre but que de préparer le gouvernement conservateur aux prochaines élections fédérales. Sentant le vent printanier souffler dans le sens d'un possible renversement de son gouvernement, S. Harper a voulu établir une sorte de brise-vent autour de son gouvernement. Autrement dit, rien ne change vraiment quant aux programmes et aux politiques, dont le Premier ministre est d'ailleurs le seul maître, seule change l'apparence que se donne le gouvernement.
On pourrait prendre la comparaison d'une maison dont le propriétaire décide de repeindre les murs extérieurs. La maison bleue devient verte, mais l'intérieur est toujours le même. Les électeurs canadiens vont-ils se laisser prendre à ce coup de pinceau? Il est fort probable qu'il va s'accompagner d'un peu de remue-ménage pour donner un semblant de consistance à ce changement de décor. On en voit déjà un exemple dans le discours plus verdoyant de S. Harper qui, sans aucun doute, a tenu compte des sondages et des conseils que Brian Mulroney lui a certainement prodigués.
Un autre aspect électoraliste de ce remaniement est l'importance donnée à des députés de l'Ontario. S. Harper sait fort bien que, s'il veut obtenir un gouvernement majoritaire lors du prochain scrutin, lui faut faire une sérieuse percée en Ontario. Faut-il croire qu'il n'espère plus s'imposer au Québec en ne nommant qu'un simple secrétaire d'État venant de cette province?
La suite des événements va nous dire ce qu'il en est réellement de cette agitation, si ce n'est que de la poudre jetée aux yeux des électeurs, comme il semble, ou si c'est l'annonce d'un changement radical des politiques conservatrices et une remise sur pied de tout ce que le gouvernement a jeté à terre. »
La suite des événements nous montre ce qu'il en est réellement de cette agitation. Le titre du texte d'Alex Castonguay souligne on ne peut mieux que rien n'a changé « Climat - Nouveau ministre, nouveau style, même approche ». En quelques mots tout est dit et l'article montre bien la justesse de l'analyse. On pensait aussi qu'avec le e nouveau ministre de la Justice, Rob Nicholson, les choses allaient changer de ce côté là. Il n'en est rien non plus, comme on peut le voir tout dernièrement avec le maintien de la décision de son prédécesseur de placer des policiers dans les comités de sélection des juges. Et l'on pourrait continuer et l'on pourra continuer. Harper n'a pas mis d'eau dans son vin, au lieu de vin rouge il s'est mis au vin blanc!
Un récent article du Devoir s'intitulait : « Harper prépare le terrain pour des élections » (6 février). Je crois qu'il faudrait dire, Harper préparait le terrain, dès son remaniement ministériel qui n'était, comme je l'ai écrit, qu'un coup de pinceau, destiné à faire croire que quelque chose avait changé dans la maison conservatrice. Ce qui se passe depuis cette date montre bien que rien n'a changé à l'intérieur. Reste à espérer que les électeurs ne se lassent pas induire en erreur par cet enduit superficiel.
