Témoignages de deux policiers jugés non crédibles
Mots clés : témoignages, policiers, Faits divers, Québec (province)
Les témoignages des policiers Nicolas Morin et Jean-David Ouellet, du Service de police de la Ville de Montréal, ont été à plusieurs reprises jugés non crédibles par un comité de déontologie policière qui conclut que les agents ont sciemment porté des accusations criminelles sans justification contre un jeune homme dans la vingtaine qui s'apprêtait à devenir policier.
Les événements remontent à mai 2004, lorsque les policiers Morin et Ouellet sont allés voir ce qui se passait au Bar 99, dans l'est de Montréal, dont le système d'alarme venait de se déclencher en pleine nuit.
À l'extérieur, ils ont aperçu un petit groupe et décidé de s'intéresser plus particulièrement à trois jeunes, à qui ils ont demandé de mettre les mains sur le capot d'un véhicule. L'un d'eux qui venait de compléter des études en techniques policières et qui devait faire son entrée à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet, en a demandé la raison.
Il a demandé aux policiers de s'identifier et indiqué son intention de porter une plainte en déontologie contre eux. Mal lui en a pris. Le policier Morin l'a saisi par le bras et l'a poussé au sol, au point où le jeune a perdu connaissance. Il a été conduit au poste, écroué et libéré trois heures plus tard après avoir eu une discussion avec les policiers, au terme de laquelle ceux-ci l'ont informé des accusations de voies de fait et d'entrave au travail policier qui seraient portées contre lui. Plusieurs mois plus tard, le jeune a porté une plainte en déontologie contre les deux policiers.
Dans leur rapport sur cette histoire, les policiers indiquent que le jeune homme a eu une attitude arrogante et les a traités de «chiens sales». Ils disent le soupçonner d'avoir consommé des stupéfiants et de l'alcool.
Dans la décision rendue publique mardi, la présidente du comité de déontologie policière, Me Michèle Cohen, écrit que «le comité ne peut croire que les policiers Morin et Ouellet auraient discuté aussi longuement [une heure] avec le plaignant, aux petites heures du matin, pour lui donner une chance comme ils le prétendent et à des fins pédagogiques s'ils croyaient qu'il avait les facultés affaiblies par l'alcool ou la drogue».
«De façon générale, le comité n'accorde aucune crédibilité au témoignage de l'agent Morin sur ce qui se passe entre lui et le plaignant. Quant à l'agent Ouellet, même s'il fait preuve de franchise à certains moments, [la plupart du temps] il livre un témoignage qui n'est pas crédible», indique Me Cohen.
«Selon le policier Ouellet, le plaignant a, malgré les ordres qu'il lui donnait, continué à avancer vers lui de façon non seulement agressive mais provocante. Le comité n'accorde aucune crédibilité à cette version de l'agent Ouellet», poursuit Me Cohen.
Presse canadienne
La présidente du comité estime que l'agent Morin a fourni des explications scabreuses et démontré une tendance à l'exagération.
Le comité n'accorde aucune crédibilité à l'agent Morin, qui dit avoir porté le plaignant doucement au sol en lui disant de se calmer. Me Cohen ne croit pas davantage l'agent Ouellet quand il affirme n'avoir pas vu le plaignant perdre connaissance.
«Le comité croit probable que le policier Morin ait été irrité au plus haut point de voir qu'un individu qui n'a fait qu'une technique policière ait, de son point de vue, l'arrogance de ne pas respecter son autorité et son savoir-faire en lui demandant les motifs de son intervention», conclut Me Cohen.
Les agents Ouellet et Morin connaîtront la sanction qui leur est réservée au cours des prochaines semaines.

