Nouvelles règles de la Défense nationale - L'armée risque d'être moins bilingue, craint l'opposition

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PC
Édition du vendredi 09 février 2007

Mots clés : bilinguisme, Défense nationale, Langue, Forces armées, Canada (Pays)

«On demande du respect. C'est une question de fierté et de dignité»

Ottawa -- L'opposition à Ottawa a reproché hier au gouvernement conservateur de faire reculer la cause francophone de 40 ans en n'exigeant plus que tous les hauts gradés de l'armée canadienne soient bilingues.

En vertu des nouvelles règles de la Défense nationale, il y aura désormais au sein des forces 277 unités anglophones, 55 unités francophones et 222 unités bilingues. Seuls les militaires assisgnés à ces deux derniers groupes recevront des services en français.

De plus, parmi les officiers, seuls les colonels et les généraux auront désormais l'obligation de savoir parler les deux langues officielles du pays.

Pour le député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau, cette nouvelle politique est contraire à l'esprit et à la lettre de la Loi sur les langues officielles et constitue une sévère injustice envers les officiers francophones bilingues.

Son collègue du Nouveau Parti démocratique, Yvon Godin, va encore plus loin. «La Défense nationale est là pour défendre les droits des personnes, les droits des citoyens et elle-même viole la loi du Canada», a-t-il souligné à la sortie de la période des questions.

Le député acadien dit avoir l'intention de porter plainte auprès du Commissaire aux langues officielles. Ce ne serait pas la première fois. En 2006, l'ancienne titulaire du poste Dyane Adam avait d'ailleurs sévèrement blâmé le ministère de la Défense pour son manque de volonté en matière de bilinguisme.

À l'époque, Mme Adam avait souligné que l'armée bafoue presque systématiquement la loi au moment de combler des postes désignés bilingues. Son enquête avait en effet révélé que plus de la moitié des postes de cette nature étaient occupés par des unilingues anglophones.

La nouvelle politique de la Défense, qui a été rendue publique à la fin du mois de novembre dernier, devait entre autres répondre à ces critiques.

Pour le porte-parole libéral en matière de défense, Denis Coderre, l'approche des conservateurs est «totalement inacceptable». «On demande du respect. Ce n'est même pas partisan. C'est une question de fierté et de dignité», a-t-il insisté.

«Je suis en désaccord avec le fait d'établir une structure basée sur la langue. On vient consacrer les deux solitudes», a-t-il ajouté.

Selon la ministre de la Francophonie et des Langues officielles, Josée Verner, la nouvelle politique répond à la structure particulière du ministère de la Défense et des Forces armées.

«Le modèle de transformation propose un nouveau plan clair, des objectifs précis, des activités dont on peut mesurer l'efficacité tout en tenant compte du contexte opérationnel des Forces armées canadiennes», a-t-elle fait valoir en Chambre.


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