L'ONU ferme la porte à un groupe québécois de défense des gais
Mots clés : Défense des gais, ONU, Homosexualité, Burundi (Pays), Québec (province)
Le Burundi, la Chine, l'Égypte, la Russie, la Guinée, le Pakistan, le Qatar et le Soudan se sont opposés à la reconnaissance d'un statut d'observateur pour la CGLQ
Le Comité des organisations non gouvernementales des Nations unies a refusé la semaine dernière, par huit voix contre six, de recommander que la Coalition gaie et lesbienne du Québec (CGLQ) obtienne le statut d'observateur, en raison du vote défavorable de certains pays où l'homosexualité est toujours très mal perçue, voire criminalisée.Déplorant le résultat du vote, le porte-parole de la Coalition, Yvan Lapointe, a toutefois donné quelques exemples des commentaires qu'il a reçus de la part de délégués présents qui n'ont pas appuyé la recommandation. «Le délégué égyptien m'a dit que son pays n'avait pas de problème avec les gais parce qu'il n'y a pas de gais en Égypte, a-t-il expliqué au National Post. Un délégué de l'Angola a été surpris d'apprendre la position du Canada sur les questions de l'adoption pour les couples gais, mais aussi sur la lutte contre le VIH/sida et le droit au mariage pour les homosexuels», a-t-il ajouté. La Coalition gaie et lesbienne du Québec n'a pas répondu aux nombreux appels du Devoir, pas plus que le ministère des Affaires étrangères.
M. Lapointe a d'ailleurs rappelé que la CGLQ souhaitait, en obtenant un statut d'observateur, pouvoir aider les homosexuels qui vivent dans des pays où ils sont encore marginalisés et persécutés. La plupart des pays qui ont voté contre la demande de la Coalition font partie de cette longue liste. Ainsi, le Burundi, la Chine, l'Égypte, la Russie, la Guinée, le Pakistan, le Qatar et le Soudan se sont opposés à cette reconnaissance. La Colombie, les États-Unis, Israël, le Pérou, la Roumanie et le Royaume-Uni ont en revanche voté en sa faveur. Trois pays se sont abstenus.
Appui britannique
Avant le vote, le Royaume-Uni a soutenu la demande de la CGLQ, se disant convaincu que toute ONG qui était conforme aux critères établis par le Conseil économique et social de l'ONU était admissible pour le statut d'observateur. «On vient de recommander l'octroi du statut consultatif pour plus d'une centaine d'ONG, malgré les divergences de vues, a également souligné Tom Woodroffe, un représentant du Royaume-Uni. Jusqu'à présent, le Comité n'a rejeté que les demandes d'organisations qui menaient des activités terroristes
ou qui avaient des activités dirigées contre des gouvernements.»
Les délégués britanniques ont estimé que l'on ne pouvait invoquer aucune raison pour refuser le statut consultatif à cette ONG, au risque de commettre une discrimination. Après le vote, ils ont déploré ce refus, considérant que la confiance à l'égard du Comité était en conséquence altérée. Le Conseil économique et social, qui reçoit les recommandations, a lui-même déjà indiqué que les groupes de défense des droits des homosexuels devaient avoir le droit de prendre part à ses discussions. Le Conseil a pour mission de promouvoir les enjeux de développement et les enjeux culturels à l'échelle internationale.
En fait, sur les 140 demandes de statut d'observateur qui lui ont été présentées cette semaine par des ONG, le Comité des ONG a recommandé au Conseil économique et social d'en attribuer 92. Il a uniquement rejeté les demandes présentées par deux ONG, dont la Coalition gaie et lesbienne du Québec. Il a par ailleurs reporté un total 42 demandes. Il n'a jamais accordé de statut d'observateur à une organisation de défense des homosexuels.
La même journée où il rejetait la demande de la CGLQ, le comité onusien a recommandé d'accorder le statut d'observateur à l'American Conservative Union. Basée aux États-Unis, cette organisation «cherche à communiquer les objectifs et principes du conservatisme, en soutenant notamment le capitalisme et la doctrine des rédacteurs de la Constitution», selon les informations publiées par les Nations unies.
La CGLQ est déjà présente sur la scène internationale. Elle est membre de l'International Lesbian and Gay Association et d'Amnistie Internationale et est fondatrice de l'Espace francophone des gais et lesbiennes.
Vos réactions
DOMMAGE! - par Philippe Champagne
Le mardi 06 février 2007 01:00
bizzard - par Réal Ouellet (real@realo.ca)
Le lundi 05 février 2007 18:00
Il serait trop INVOLUTIF pour la GENT HUMAINE de reconnaître OFFICIELLEMENT les droits des GAIS & LESBIENNES...! - par Maurice Monette (monmau@globetrotter.net)
Le lundi 05 février 2007 15:00
ma reaction - par Bernard JIOTSOP (tontonbernard72@yahoo.fr)
Le lundi 05 février 2007 13:00
Bien fait de la part de l'ONU! - par Benoît Foulon (benoitfoulon@yahoo.ca)
Le lundi 05 février 2007 11:00

