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Anglophilie ou aveuglement volontaire ?

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Louis Lapointe
Envoyé Le vendredi 02 février 2007 22:00



Bonjour M. Castonguyay

Vous souvenez-vous, il y a 20 ans , Ottawa avait préféré l'implantation au Québec d'une usine d'hélicoptères de Bell à celle d'Aérospatial de France. Le projet d'Aérospatial avait le mérite de posséder une technologie française que les finissants de nos écoles de génie québécoises pouvaient adopter rapidement. Je vous laisse imaginer l'effet qu'aurait eu ce projet sur la sous-traitance, sur l'immigration francophone et d'autres projets qui auraient fait appel à notre expertise française par la suite. Le Québec a échoué lamentablement dans la promotion de grands projets qui font appel à la technologie française parce que le grand frère fédéral a toujours refusé d'y souscrire, que ce soit dans le domaine militaire ou de l'avionnerie. À cause du lobby de Boeing auprès des fonctionnaires fédéraux et de l'anglophilie du haut commandement de l'Armée canadienne qui a toujours préféré l'armement des Anglais et des Américains, sinon comment expliquer qu'aucun contrat n'ait été accordé aux Français en matière d'armement depuis la Deuxième Guerre alors qu'ils ont une importante part du marché mondial dans ce domaine. Encore une fois, nos élus s'offusquent du bout des lèvres de l'octroi à Boeing d'un contrat sans appel d'offre pour des avions de transport militaire. Le gouvernement de Jean Charest défend-il réellement les intérêts québécois ?

Tout cela pour vous dire que le visage de l'emploi de Montréal dans le domaine de la haute technologie aurait pu être beaucoup plus français si nous avions pu implanter des technologies françaises au Québec. À l'heure où on nous parle de "pseudo" grands projets comme le Casino et l'aménagement du vieux port de Montréal , il serait peut-être temps que nos grands analystes de l'opinion s'intéressent un peu plus à de vrais grands projets qui permettraient une plus grande utilisation de nos ressources universitaires dans des champs de technologie où le français est mis en valeur et où nous pouvons faire appel à une immigration francophone pour la soutenir. À quand une vraie politique de développement technologique pour la grande région de Montréal ?

Louis Lapointe
Brossard

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