Revue de presse - Boeing, télévision, salaire minimum et fumeurs
Mots clés : salaire, télévision, Boeing, Gouvernement, Économie, Canada (Pays)
Quand le Québec s'inquiète des retombées du contrat d'achat des avions C-17 de Boeing, l'Ouest est aux abois. Pas question de se faire refaire le coup de l'entretien des CF-18, il y a 20 ans, lorsque Canadair avait obtenu le contrat malgré une offre plus intéressante de la société Bristol, à Winnipeg, insistent plusieurs quotidiens. Mais au-delà du partage des avantages, le contrat lui-même et la philosophie économique qu'il laisse transparaître irritent Andrew Coyne, du National Post.
Les conservateurs ont aussi été pris pour cible pour une affaire qui a fait du bruit à l'extérieur du Québec. Le Comité de l'immigration a appris cette semaine que quatre juges à la Citoyenneté ont été nommés sans respecter le processus de sélection établi par les libéraux. Un de ces postes a été attribué à un ancien candidat conservateur, libérant du coup son comté pour le transfuge libéral Wajid Khan. Selon le Globe and Mail, «il ne s'agit pas d'un accident». Il conclut par conséquent que le geste du gouvernement Harper réduit en farce ses plaidoyers en faveur de l'éthique et d'un gouvernement responsable et transparent.
Contrôle du message
À propos des conservateurs, ils ont décidé de s'outiller pour mieux contrôler le message pendant la prochaine campagne électorale. Selon un reportage de la Canadian Press, largement repris au Canada anglais, le Parti conservateur a loué un local dans un parc industriel de l'est d'Ottawa pour y installer, entre autres, un studio de télévision à la fine pointe de la technologie. Le chef pourra ainsi offrir des entrevues à des stations locales sans dépendre des installations des télédiffuseurs traditionnels et sans avoir à alerter les autres médias. On n'a pas lésiné sur les moyens, preuve de la richesse du parti et de sa volonté d'être prêt pour un scrutin, peu importe la date de son déclenchement.
Un minimum vital
Jeudi, l'Ontario a haussé son salaire minimum de 0,25 $ pour le porter à 8 $ l'heure, le plus élevé au Canada avec la Colombie-Britannique. Le Québec devrait les rejoindre en mai. La pauvreté des petits salariés est devenue un thème persistant dans certains journaux, en particulier le Toronto Star. Il n'est pas le seul, cependant. Dimanche dernier, l'Ottawa Citizen offrait un portrait émouvant de deux parents travaillant à temps plein et essayant de boucler leur budget avec, chacun, un salaire horaire de 8 $. Chaussures usées, vêtements et mobilier d'occasion, menu minimaliste, loisirs réduits aux émissions de télévision.
Le Star, qui a souvent fait le même constat, milite en faveur d'un salaire minimum de 10 $ l'heure, comme le demandent le NPD ontarien et plusieurs groupes sociaux. L'équipe éditoriale ne pouvait donc qu'être déçue de la hausse accordée. Elle refuse l'argument du ministre des Finances, Greg Sorbara, qui affirme qu'un salaire minimum à 10 $ l'heure coûterait 66 000 emplois à la province. Le Star souligne qu'il n'a fourni aucune preuve. Le quotidien accorde toutefois le crédit au gouvernement McGuinty d'avoir augmenté le salaire minimum chaque année depuis 2003, année de son arrivée au pouvoir, alors que le gouvernement conservateur de Mike Harris l'avait gelé à 6,85 $ pendant huit ans. Mais le rattrapage reste insuffisant puisque le pouvoir d'achat des 200 000 Ontariens au salaire minimum est aujourd'hui, une fois l'inflation prise en compte, 10 % inférieur à ce qu'il était il y a dix ans.
Un interdit après l'autre
Les fumeurs ne sont pas au bout de leurs peines. L'Association médicale de l'Ontario voudrait que la province interdise aux gens de fumer dans leur voiture quand un enfant s'y trouve, rapportent plusieurs journaux, dont le Star. Le représentant de l'OMA qui a lancé cette idée citait un sondage réalisé en 2005 montrant que 66 % des fumeurs ontariens et 81 % des non-fumeurs appuieraient telle interdiction. Ce qui a ravivé son intérêt est l'adoption d'un interdit similaire par la municipalité de Bangor, dans le Maine.
Le conseil des écoles publiques de Toronto s'attaque pour sa part à un autre problème: les téléphones cellulaires dans les classes. L'histoire, d'abord rapportée dans le Star, a fait le tour du pays. L'école Marc Garneau Collegiate interdit déjà à ses élèves d'utiliser leur cellulaire dans les classes et les corridors, malgré, imaginez-vous, l'opposition de certains parents. Ceux-ci prétendent que cela limite leur accès à leurs enfants! Le conseil scolaire songe à étendre l'interdiction à toutes ses écoles, une décision qui pourrait être prise dès avril. On y songe tant pour maintenir l'ordre que pour réduire la tricherie lors d'examens. Au Québec, une école de Gatineau a interdit les cellulaires après qu'un élève eut filmé l'accès de colère d'un professeur et l'eut diffusé sur Internet.
mcornellier@ledevoir.com
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Boeing C-17 cent un (101) ou comment se mettre à genoux devant les pouvoirs Américains! - par Robert C. Paradis
Le samedi 03 février 2007 10:00

