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Le Modèle québécois, un modèle exportable ?

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Louis Lapointe
Envoyé Le vendredi 02 février 2007 15:00



Alors que la guerre fait rage un peu partout sur la planète, il se trouve de plus en plus de personnes riches et charitables pour préparer l'avenir. Même si l'industrie de l'armement continue à prospérer, cela n'est plus assez pour assurer la suprématie économique des États -Unis qui souhaitent maintenant se retirer du bourbier Irakien. Comment continuer à assurer la suprématie américaine en ne faisant plus couler le sang d'innocentes victimes ? En s'occupant de leur santé.

Les récentes visites de Bill Clinton et de Bill Gates au Canada et la généreuse participation de Warren Buffett pour venir en aide aux plus pauvres et aux plus malades de la planète sont des indices éloquents qu'on ne saurait ignorer. L'investissement de milliards de dollars dans l'industrie des fondations charitables devrait en inspirer plusieurs, surtout l'industrie pharmaceutique.

Comment faire fructifier l'industrie pharmaceutique pour qu'elle rapporte encore plus à ses actionnaires ? En suivant le modèle semblable à celui de l'industrie du commerce au détail des armements aux États-Unis. Un modèle démocratique où tous ont accès au produit, un modèle qui permettrait à un maximum de personnes sur la planète d'avoir accès au maximum de médicaments. À cet égard, le modèle québécois est exemplaire.

Grâce au régime public d'assurance médicaments, tous les Québécois, pauvres comme riches, peuvent consommer tous les médicaments dont ils ont besoin. Dans un tel contexte de libre consommation supporté par l'État, la vente de médicaments a littéralement explosé au Québec depuis l'établissement du régime. C'est une bonne nouvelle pour les fabricants et le vendeurs de pilules.

Est-ce que ce modèle est exportable ? Est-ce qu'un tel régime pourrait augmenter la vente de pilules aux États-Unis ? Est-ce qu'il pourrait être exporté en Chine et en Inde, deux partenaires commerciaux des États-Unis dont le marché est composé de 3 milliards de personnes ? Beaucoup d'argent à faire en perspective.

On comprend mieux pourquoi Warren Buffett et Bill Gates ont investi tant de milliards de leur fortune personnelle dans des fondations charitables qui viendront en aide aux plus pauvres de la planète. Qui dit pauvreté, dit maladie et par conséquent médicaments. L'offensive de Bill Clinton n'est donc pas neutre, elle vise à préparer la future hégémonie de l'industrie pharmaceutique américaine partout sur la planète. Quand les Démocrates seront de retour à la Maison Blanche, ils pourront alors profiter des visites de Bill Clinton au Québec en s'inspireront du modèle québécois afin d'implanter un régime d'assurance médicaments aux États-Unis. Ce sera le premier pas d'une guerre à la pauvreté qui s'étendra bientôt à toute la planète.

Lorsque les États-Unis, la Chine et l'Inde auront tous des régimes publics d'assurances médicaments, il sera probablement plus payant pour les Américains de vendre des médicaments que des armes, on pourra peut-être entrevoir la paix. On comprendra alors le sens que revêtait cette déclaration de guerre à la pauvreté des Buffett, Gates et Clinton. Leur front commun contre le Sida, en apparence généreux et désintéressé, n'aurait pas été innocent et cachait mal leurs objectifs respectifs. Pour Bill Clinton, il y a des votes à gagner et pour l'industrie pharmaceutique de nombreux bénéfices à réaliser. Tous ces gens font probablement le pari que les Américains préféreront la guerre à la maladie plutôt que celle de l'Irak. Limiter les morts au lieu de les multiplier. Il y va de l'intérêt économique des Américains, qui cette fois-ci, pourraient bien en profiter pour joindre l'utile à l'agréable en se faisant de l'argent et de nouveaux amis, surtout en Afrique et en Asie où sont les principaux foyers des épidémies qui pourraient, à l'avenir, être les plus meurtrières de la planète. Dans cette perspective, on comprend mieux la campagne de peur contre la grippe aviaire qui se déchaîne dans les médias. Demain, tous ces gens s'attaqueront à la tuberculose, au virus du Nil et à l'ébola...grâce à l'exemple du « Modèle québécois ».

Louis Lapointe
Brossard
Le 2 février 2007

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