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Louis Lapointe
Envoyé Le mardi 30 janvier 2007 10:00




Bonjour M. David,

Au fur et à mesure que la droite va quitté le navire du PQ, les chances du PQ de former le prochain gouvernement s'amenuisant, plus rien ne retiendra la gauche à bord. Cet effritement devrait bientôt s'amplifier puisque Boisclair a clairement signifié qu'il n'avait plus de préjugé favorable aux syndicats .

Ce n'est pas parce qu'au cours des dernières années les signes se sont multipliés à droite dans la région de Québec, avec l'élection d'un adéquiste dans Vanier, de la Mairesse Boucher et des conservateurs en janvier 2006, qu'on doit y investir toutes nos ressources. Le front de la gauche est tout aussi stratégique.

Il ne faudrait pas oublier le message jadis envoyé par la gauche dans Mercier. Là où la gauche est forte, surtout à l'est de Montréal , elle peut couper le vote du PQ et faire une place aux libéraux.. Boisclair ne doit pas non plus négliger les messages qui viennent du centre et des régions. On l'a vu dans Rouyn -Noranda -Témiscamingue, un adéquiste connu peut couper le vote péquiste et faire passer un libéral. On a également vu, dans la région de Lanaudière, une adéquiste enlever un comté au PQ.

Avec la volatilité actuelle du vote, le haut taux d'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest , le manque de leadership des chefs et la multiplication des options à gauche de l'échiquier avec l'énigmatique Québec Solidaire et les Verts qui gagnent en popularité, tout peut arriver aux prochaines élections. Comme aux dernières élections, le vote se cristallisera probablement dans les derniers instants de la campagne. Donc, heureusement, tout n'est pas encore perdu pour André Boisclair.

Pour éviter ce naufrage annoncé, il peut encore marquer l'électorat en rectifiant le tir. Il n'est pas trop tard pour présenter aux électurs une plate-forme électorale qui couvre le centre élargi de l'échiquier. Le programme du PQ regorge de bonnes idées. Il s'agit de retenir les cinq plus populaires et de les proposer aux Québécois. 1 ) des soins de santé gratuits pour tous, 2 ) un réseau d'école publique donnant une formation de qualité à peu de frais jusqu'au premier cycle universitaire, 3 ) un transport en commun plus efficace, 4 ) une économie où la protection de l'environnement et des ressources sera soutenu par des investissements massifs dans la recherche et les nouvelles technologies, 5) un support à l'économie des régions-ressources par un investissement massif dans les infrastructures régionales que sont les routes, les collèges, les universités et comme corollaire au quatrième objectif, la restauration écologique des ressources fondée sur des technologies conçues et développées dans des centres de recherches de ces régions.

On l'a vu dans «À hauteur d'homme», ce sont les conseillers de Landry qui n'ont pas fait leur job en 2003, eux-mêmes atteints du syndrome d'ignorance historique qui afflige le Québec. Encore cette fois-ci, il est clair que Boisclair est mal entouré. Trop de carriéristes. Comme non seulement Boisclair ne doit pas, mais en plus, ne peut plus démissionner à ce stade-ci de l'engagement, il ne lui reste qu'une seule option susceptible de marquer l'électorat : congédier tous ses conseillers et surtout ne pas les remplacer par les gérants d'estrade habituels. Ces gens qui ont depuis longtemps prouvé qu'ils manquaient de jugement.

En clair, Boisclair doit envoyer le message qu'il a l'intention de changer l'ordre habituel des choses et la meilleure façon de le faire est de changer son entourage. Ce ne doit pas être un virage cosmétique même s'il se doit d'être médiatique. Cela doit d'abord être un virage stratégique où les meilleurs seront sollicités.

Il n'y a pas que des visages connus au PQ, il existe aussi une multitude de personnes qui peuvent faire l'ouvrage parce qu'ils connaissent le terrain, qu'ils ont eu à exercer leur jugement, parce qu'ils ont prouvé au fil des années qu'ils savaient analyser les situations et proposer des solutions.

Ces gens qui ont travaillé pour tous les chefs, tous les aspirants-chefs, ce sont eux qui travaillent à chaque élection. Plusieurs de ces personnes sont de sombres inconnus qui n'ont jamais cherché les faveurs des principaux ténors du parti. Bien au contraire, les carriéristes ont préféré les tenir loin des centres de décision, de peur qu'ils impressionnent trop.

Pourquoi ne pas organiser une chasse aux meilleurs conseillers au sein du PQ. Cela ferait changement des parachutés et des opportunistes habituels qui se collent sur les chefs pour obtenir leurs faveurs. Ce ne sont pas eux qui gagnent les élections, ce sont les travailleurs d'élection. Boisclair avait promis de changer les façons de faire. Voici une occasion en or de le réaliser !

Il est temps que le PQ puise dans ses riches ressources ces trésors secrets qui feraient l'envie de tous les autres partis. Parce qu'après tout, il n'y aura personne pour gagner la prochaine élection s'ils ne sont pas là !

Louis Lapointe
Brossard

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