Imposition des fiducies de revenu - De petits investisseurs veulent faire changer la décision d'Ottawa

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Édition du mardi 30 janvier 2007

Mots clés : Jim Flaherty, fiducies de revenu, Garth Turner, Canada (Pays)

Garth Turner

Photo: Agence Reuters

Ottawa -- Une quinzaine de petits investisseurs du Québec, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique ont fait le voyage jusqu'à Ottawa, hier, pour demander publiquement aux conservateurs de revenir sur leur décision d'imposer les fiducies de revenu.

Ces personnes, des retraités pour la plupart, répondaient à l'appel du député indépendant Garth Turner. Plusieurs d'entre elles espèrent participer cette semaine aux audiences du comité des finances sur les fiducies.

L'annonce de changements à la fiscalité des fiducies de revenu, le 31 octobre dernier, a fait fondre d'environ 20 milliards la valeur boursière totale de ce type d'entreprises. Les détenteurs de part ont vu la valeur de leur portefeuille dégringoler.

Jean-Marie Lapointe, un ancien gérant de banque et petit entrepreneur de Sorel, a ainsi vu ses économies, celles de ses enfants et celles de ses petits-enfants fondre. La valeur du REER de sa fille a ainsi baissé de plus de 100 000 $ en quelques jours.

M. Lapointe avait fait ses devoirs avant d'acheter des parts dans des fiducies. Aujourd'hui, il est en colère contre le gouvernement et demande au ministre des Finances, Jim Flaherty, de revenir sur sa décision et de lever l'incertitude quant à l'avenir de ce véhicule de placement.

Cela permettrait à certains investisseurs comme lui de récupérer une partie de leurs pertes comptables, en faisant remonter progressivement la valeur des parts.

Selon M. Lapointe, les conservateurs mentent au public quand ils disent que les fiducies privent l'État de centaines de millions en revenus d'impôt chaque année. «Il y a un moratoire sur les nouvelles fiducies actuellement. Qu'on en profite pour faire une étude honnête. On va se soumettre à l'étude», a insisté le retraité de 61 ans.

D'autres sont moins conciliants envers les conservateurs, qu'ils accusent d'avoir trahi leurs engagements. Lors de la dernière campagne électorale, les conservateurs avaient en effet promis de ne pas apporter de changement au traitement fiscal des fiducies, très populaires auprès des épargnants.

Garth Turner croit que le gouvernement devrait dédommager ces petits investisseurs en leur accordant des crédits d'impôt pendant quelques années. Ces gens ont subi de véritables pertes en capital parce que le gouvernement du Canada a changé d'idée, a-t-il souligné.

Il existe environ 250 fiducies de revenu au Canada, dont un nombre important dans les secteurs de l'énergie et de l'immobilier.


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