Un scrutin au printemps serait inutile, selon Harper

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PC
Édition du lundi 29 janvier 2007

Mots clés : gouvernement minoritaire, Harper, Gouvernement, Élection, Canada (Pays)

Des élections précipitées ne conduiraient qu'à un autre gouvernement minoritaire

Ottawa -- Avec le budget au centre de ses priorités en cette rentrée parlementaire, le premier ministre Stephen Harper met en garde les partis d'opposition de ne pas précipiter la tenue d'une élection de façon «irresponsable», allant jusqu'à prédire qu'une élection ce printemps ne «ferait qu'élire un autre gouvernement minoritaire» à Ottawa.

C'est effectivement sur fond de rumeurs d'élection que les députés fédéraux reprennent les travaux à la Chambre des communes, aujourd'hui. L'environnement et le règlement du déséquilibre fiscal domineront les débats, jusqu'au dépôt du budget vers la fin du mois de février ou en mars.

C'est ce budget qui fera la pluie ou le beau temps sur la scène politique fédérale. Pour survivre, le gouvernement Harper doit absolument convaincre au moins un parti d'opposition de l'appuyer, à défaut de quoi des élections seraient inévitables, puisque le vote sur le budget est une question de confiance.

Mais, déjà, les partis d'opposition, les libéraux en tête, laissent planer la possibilité de s'opposer à ce deuxième budget Harper. De l'avis du premier ministre, il s'agit là d'un flagrant manque de respect envers les électeurs.

«Les partis d'opposition se doivent d'expliquer comment, deux mois avant même de voir le budget, ils parlent de le défaire, a fait valoir le premier ministre en entrevue à la Presse canadienne, la semaine dernière. Ne devraient-ils pas, en tout respect de la population, attendre de voir le budget et ensuite se prononcer?

«N'ont-ils pas la responsabilité d'expliquer au public canadien pourquoi il devrait y avoir une élection, ce que serait la justification d'une élection, d'autant plus que le résultat serait, au bout du compte, d'élire un autre gouvernement minoritaire», a poursuivi le premier ministre, qui tenait ces propos après avoir souligné qu'il ne se préoccupait pas vraiment des sondages sur la popularité de son gouvernement.

M. Harper est catégorique et répète, depuis des semaines, qu'il ne souhaite pas d'élection cette année. Reste à savoir si les chefs des trois partis d'opposition sont du même avis. Bien que la fièvre électorale semble avoir baissé d'un cran récemment, il ne suffit que d'un désaccord important pour changer la donne, dans une situation de gouvernement minoritaire.

Les sondages montrent que les conservateurs et les libéraux sont à égalité, une tendance qui ne semble pas fléchir. À gauche du spectre politique, le Nouveau Parti démocratique (NPD) peine à conserver ses appuis, qui fuient vers les libéraux ou en faveur du Parti vert. Au Québec, le Bloc québécois semble maintenir ses acquis.

L'environnement au centre des discussions

Les difficultés des conservateurs à convaincre les électeurs de leur faire confiance sont plus importantes au Québec, dans la grande région de Toronto, et dans les grands centres urbains. Pour faire des gains dans ces secteurs, les conservateurs misent beaucoup sur leur «nouvelle» priorité, l'environnement.

Mais ils ne sont pas seuls sur ce terrain qu'ils avaient délaissé l'an dernier, un terrain déjà largement occupé par les trois partis d'opposition.

«On a tous les outils à notre disposition pour faire une campagne énergique et faire la démonstration que le discours environnemental, tant du gouvernement Harper que de M. [Stéphane] Dion, n'est ni plus ni moins que de la poudre aux yeux et qu'il vise au fond à aller chercher des votes», déclarait la semaine dernière le député Bernard Bigras, du Bloc.

Les députés des quatre partis s'affronteront sur la question des changements climatiques dès aujourd'hui, lors de la première séance du comité parlementaire sur le projet de loi des conservateurs sur la qualité de l'air. Jusqu'à présent, le NPD mène la charge et exige des amendements précis pour s'attaquer dès maintenant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Autres priorités

Les conservateurs mettront l'accent sur l'environnement, mais aussi sur l'énergie et l'économie, ont-ils laissé entendre en marge du caucus, la semaine dernière. Ils n'oublieront pas leurs autres priorités, comme l'adoption des projets de loi en matière de justice criminelle et leurs promesses de réforme démocratique.

Et c'est sans compter les baisses d'impôt, la réforme de la formule de la péréquation et le règlement du déséquilibre fiscal, qui devraient tous se retrouver dans le prochain budget.

Les partis d'opposition essaieront pour leur part de donner le ton et d'imposer d'autres débats. Les libéraux ont ciblé quatre priorités, dont la mission en Afghanistan.

«L'important, c'est que les Canadiens sachent comment on dirige la mission [en Afghanistan], où l'argent est dépensé, si nos troupes sont en sécurité et si nous avons des critères pour mesurer nos succès et nos progrès», disait le chef adjoint des libéraux, Michael Ignatieff, la semaine dernière, pour expliquer ce que les libéraux tenteraient d'accomplir.

Le Bloc ciblera surtout le déséquilibre fiscal et la question environnementale.


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