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Oui au plaisir d'avoir du fun !
Il n'y a pas si longtemps j'entendais dans un excellent documentaire de Charles Gervais, Revolucion, que les principes même de ces révolutions étaient basés sur la quête quasi absolu du bonheur pour tous.
Je sens dans ma génération un ras le bol de la conformité et le désir d'atteindre ce que nos parents n'ont pas osé réaliser.
Cependant, il semblerait que notre modèle dominant d'exploitation des autres et d'expropriation de notre environnement sclérose l'action commune au détriment d'individus se rencontrant dans un «chill» après une nuit de rave avec ou sans pilule du bonheur. Mais en même temps : n'est-ce pas une belle expression de la société de loisir, de la société du bonheur ?
Je suis un «twizter» bien malgré moi et j'en connais d'autres dans la trentaine et le début quarantaine qui le sont. Nous ne sommes pas pour autant irresponsables, en tout cas pas plus que les actionnaires décidant des acquisitions, des fusions et des délocalisations d'entreprises nous faisant vivre de l'insécurité et nous éloignant de notre quête du bonheur et de la liberté.
Nous devenons donc cette étiquette et sautons d'un emploi à l'autre avant qu'il ne saute sous nos pieds. Nous avons besoin de «zapper» parce que la société nous y oblige parfois, parce que la société de consommation et le capitaliste ont atteint leur paroxysme de «j'ai plein de choix, pourquoi me priver».
Mais c'est en fait un leurre : car souvent ce n'est pas par choix, mais par peur ou absence de peur (insécurité, incertitude, sentiment d'appartenance ou rejet, quête d'émotion non identifiable - ENI ) que nous changerons d'emploi rapidement, que nous flirtons rapidement d'unE compagnonNE à l'autre.
Sommes nous irresponsables ou trop évolués ? Le cynisme ambiant de ma génération vient peut-être du fait que nous sommes trop réalistes, trop pragmatiques... On veut du concret et ont plonge souvent dans le virtuel. C'est peut-être Niezstche qui avait raison : le dernier homme naîtra en clignant des yeux et en se disant : après tout, on s'en fou, on va tous vers la mort, à quoi bon vivre ? Alors vaut mieux vivre dans le bonheur le plus total et si cela implique d'être des ados attardés : j'achète !
Oui, vaut mieux vivre pleinement dans la joie (pour le plaisir d'avoir du fun !) que de vieillir austère et d'avoir des enfants pour ne mettre au monde qu'un pollueur de plus. Souvenez-vous du futur : lorsque, entre autres les Celtes et les Mayas nous prévenaient de la fin d'un cycle causé par l'épuisement de notre planète et de l'évolution d'un renouveau obligé tous les 5 000 ans environ.
Baudelaire avait dit : «La conformité, c'est la mort de l'âme». On sent dans l'article de Baillargeon cette mort atroce au nom d'une soi-disant responsabilisation.
Pour lui, et plusieurs «bien-pensants»: avoir des enfants, se ranger en couple, se ranger dans sa carrière c'est l'aboutissement d'un être humainE responsable !
Évidement, Baillargeon base son analyse sur des comédies dramatiques au cinéma et à la télé en s'appuyant d'un anthropologue torontois. Wow ! Ça fait tellement petit cégepien ça ! Un vrai lucide: lui y connaît ça et il a tout compris ! Faut arrêter de jouer, la récréation est termnié !
Y a t'il des solutions dans son hypothèse ? Bien sûr que non. Il ne jette qu'un préjudice dans le débat public sur des éléments de vie privée. Car, ce n'est pas de l'ordre du débat public que de discuté des choix de chacunE sur la famille, la carrière ou bien ses activités du jeudi et samedi soir.
Je me reconnais dans les films de Ricardo Trogi tout simplement parce qu'il est de ma génération, qu'il voit (regarde et vit) en effet les mêmes choses que moi. Est-ce que nous jugeons pour autant nos amiEs sur leur choix de vie ? Je ne crois pas que la société serait plus «unie» parce que nous exigerions de chacun de nous de faire des choix traditionnels et conformistes comme nous chantent si bien des «enfants» sur les pubs d'une banque : «Oh ! t'as pas encore de maison ?» Au contraire, l'évolution c'est souvent fait par des gens qui avaient un esprit anticonformiste, qui étaient capable d'aller au-delà de la moral établit sans être amoral.
Je crois simplement que l'article de Baillargeon est réducteur et est un cris d'alarme austère d'un conformiste, possiblement jaloux, d'une génération vivant dans le plaisir et qui fait de plus en plus ce qu'elle veut et non ce qu'elle peut.
