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bon ou bad la cop?
La Société des Alcools du Québec a fait la preuve par quatre au carré qu'il était possible, depuis l'avènement des caisses électroniques et des programmes de gestion assistés par ordinateurs, de retirer du tiroir caisse toutes les pièces de un cent, en calculant le prix de base des vins et spiritueux à rebours, depuis un prix final arrondi au cinq cent voisin. L'expérience est on ne peut plus concluante. Le gain pour le commerçant comme pour le consommateur sont manifestes. Les gains de productivité pour la société sont aussi évidents puisque des millions de cennes noires ne transitent plus dans le réseau de la SAQ, donc moins aussi dans les poches des particuliers. Il y a davantage de cuivre et de zinc disponible pour les oeuvres sociétales essentielles, tels les fils de cuivre pour la construction résidentielle et les placages de zinc dans l'industrie en général.
Comment ne pas voir, par ailleurs, le casse-tête socio sanitaire que représentent ces centaines de millions de petits porteurs anonymes de bactéries et de virus, à valeur ajoutée négative de surcroît, dans la mesure ou le coût de fabrication et de mise en circulation du penny dépasse de loin son utilité marginale. Possiblement qu'à la fin d'une année, l'ensemble des sous noirs auront coûté en plus deux autres fois plus cher en soins de santé, parce qu'ils sont des propagateurs d'infections. Les transporteurs de fonds, ces gros camions blindés devant la pharmacie, pestent j'imagine contre le poids de ces milliers de kilos hebdomadaires de cuivre et d'acier de tokens sans utilité commerciale et sans vraiment d'efficacité économique autre que celle de soutenir artificiellement le prix des métaux.
Lorsque le Canada a tenté de porter assistance à Mexico pour l'installation de lignes téléphoniques, des Mexicains futés sortaient de nuit, décrochaient les fils de cuivres que les entrepreneurs avaient installés le jour durant, les faisaient brûler et les revendaient sur le marché jaune. Mexico a du se résigner et opter pour le téléphone cellulaire... Bon coup Bad coup ? On ne sait pas encore. Ce qui est certain, de cette expérience, nul ne peut empêcher la fraude massive lorsque la tentation est évidente et le gain promis exorbitant.
Plutôt que d'agir par la force et la loi, souvent brutales, consistant à édicter des pénalités sévères à l'encontre de gens ordinaires qui de surcroît pensent bien faire pour s'aider en aidant leur pays, pourquoi ne pas attaquer le mal à la racine, puisqu'il est de toute évidence question du meilleur usage des biens de la Planète en cette nouvelle saison de conscience planétaire. Pourquoi ne pas abandonner le sou noir en pays le moindrement progressiste et lucide. Les consommateurs fétichistes auront leur récompense. Ils pourront fondre ce qu'ils ont en sous noirs et s'acheter un mini-hummer en tôle pour jouer dans le sable derrière la maison si ça leur chante ou garder une petite marmite en fonte remplie de sous noirs bien aseptisés comme trousseau pour leurs petits enfants. Les autres auront la paix. Les commerçants disposeront d'une case disponible dans leur tiroir caisse. L'industrie disposera de bon cuivre à satiété. La société en général éliminera des milliards de causes potentielles de maladies d'origine bactérienne ou virale. Sans parler du précieux temps que la caissière et le commerçant perdent à remettre à chacun la monnaie de sa pièce en y laissant couler leur profit. L'expérience ne peut que s'avérer bénéfique pour l'industrie. Valeur symbolique, symbole historique ? Allez, il n'y a pas de gloire à marquer de l'effigie d'un président, d'un castor ou d'une reine, une pièce de monnaie plus que sale et sombre que les enfants préfèrent jeter dans les fontaines que de garder dans leur petit coffre au trésor genre Amélie Poulain.
Quand j'étais jeune, un billet de deux dollars m'impressionnait autant que le billet de cinquante dollars actuel. La pièce actuelle de dix cents représente pour moi le sous noir d'il y a quarante ans. Autant se le dire. Quand j'étais jeune, une personne riche avait un patrimoine entre cent mille et deux millions de dollars. Plus que cela eut paru honteux et inapproprié. Aujourd'hui, un million, certains bourgeois de renom le gagnent en une journée. De grâce, faites nous la bonté de rayer de la carte numismate les sous noirs et bientôt les cinq cents. Le meilleur musée serait encore la fonderie. Bon ou bad la cop? Tout dépend de la maturité des leaders de l'industrie du cuivre et du nickel et de la discipline élémentaire imposée aux spéculateurs, grands comme petits.
Oneil Bouchard
St-Joachim
