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Le fardeau de la dérision

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Sébastien Poirier
Envoyé Le samedi 27 janvier 2007 01:00



Que la juvénilisation de la culture populaire soit une des nouvelles réalités québécoises, cela ne fait pas de doute. Toutefois, n'étant pas anthropologue, je ne m'aventurerai point dans d'hasardeuses explications quant à l'émergence de ce phénomène. Cependant, la question qui est de savoir si ce phénomène mérite que l'on affiche un sourire plein d'enthousiasme ou une attitude méprisante à l'égard de ces adulescents, nous fait invariablement tomber dans le domaine du normatif. Est-il acceptable que des adultes de trente ans regardent télétoon et s'identifient aux personnages des invincibles ?

Cette question fait automatiquement surgir le concept de responsabilité et, amener par la présence de ce dernier et la nature de notre question, le concept d'immaturité. Qu'est-ce qu'un adulte responsable lorsque l'on sait que cette nouveauté culturelle cautionne l'homme marié de trente ans qui passe ses soirées devant une console de jeux vidéo ? Il semblerait illogique, pour certaines personnes, d'effectuer une argumentation sur un concept (celui de responsabilité) qui semble dépassé par les événements. Cependant, on parle ici d'un phénomène qui est médiatisé mais qui résulte tout de même d'un choix personnel (Certains pourraient rejeter cette affirmation sous prétexte que les gens ne pensent plus...).

Dès lors, l'adulescents qui remplit dûment ses responsabilités sociales et qui rentre tranquillement chez lui, sort du domaine public pour perpétuer son comportement à la maison, seul ou devant ses enfants (pour ce qui nous intéresse). Cette sortie de la sphère publique ne nous permet plus, comme l'écrivit sévèrement Stendhal, de porter notre opinion jusque sur le tapis de son salon ; l'opinion publique n'a pas à se mêler de la vie privée des gens et cela on l'oublie bien trop souvent. Les options résiduelles sont les suivantes : construire des arguments prescriptifs et les exposés en tant que conseils pour parent avertit puis espérer que le bon sens commun guidera ses actes. Évidemment, son comportement influencera sans aucun doute le comportement de ses enfants (de là l'importance de la responsabilité parentale dans ce contexte) et s'il n'en a pas, il lui incombe, s'il le veut ou non, d'aspirer à autre chose qu'au jeux vidéo pendant toute sa vie !

Le fardeau de la dérision ne se trouve plus sur notre dos mais bien dans les choix de l'individu.

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