Opinion
Lettres: Une manchette qui n'existe pas
Mots clés : Journal de Montréal, Racisme, Média, Québec (province)
J'ai lu avec stupéfaction la chronique de Manon Cornellier publiée dans cette page samedi dernier et qui commençait comme suit: «"59 % des Québécois sont racistes", a titré en grosses lettres Le Journal de Montréal lundi.»
En grosses lettres, en effet, notre manchette de lundi était plutôt la suivante: «59 % des Québécois "se disent" racistes». Comme vous le dites, c'étaient de grosses lettres en page une, mais elles n'étaient semble-t-il pas assez grosses pour vous permettre de bien les lire. Le titre que vous citez en commençant votre chronique, j'ai le regret de vous annoncer que vous l'avez tout simplement imaginé.
Tant qu'à y être, vous nous reprochez un peu plus loin de ne pas avoir fait autant de nuances que nos collègues de la chaîne Sun Media, avec qui nous avons commandé le sondage. Si vous ne voyez pas de nuances faites avec des lettres de deux centimètres de hauteur, je ne vois pas comment nous pourrions vraiment satisfaire ce qui semble de l'aveuglement volontaire.
Nous ne pouvions faire cette manchette fictive car nous, contrairement à vous et à tout le monde au Québec, nous connaissions tous les résultats de notre mégasondage, dévoilé jour après jour, et nous savions fort bien que les Québécois n'étaient pas racistes. Ils se disent racistes, au sens populaire du terme, probablement parce qu'ils se culpabilisent des sentiments qu'ils éprouvent face aux cas récents d'accommodements raisonnables. C'est ce que nous avons écrit, avec toutes les nuances nécessaires pour quelqu'un qui fait l'effort de lire.
Je trouve cela dommage pour les lecteurs du Devoir qui pourraient ne pas avoir lu Le Journal de Montréal et qui peuvent penser qu'ils peuvent se fier sur vous pour leur rapporter ce qui se passe dans «la presse du Canada», comme le veut le titre de votre chronique. Nos lecteurs, eux, ont très bien compris.

