Les OGM prolifèrent
Mots clés : OGM, plantes biotechnologiques, plantations, Canada (Pays)

Photo: Agence France-Presse
Selon ce document, quatre pays sont les principaux responsables de la multiplication de ce type de plantations: les États-Unis, l'Argentine, le Brésil et le Canada, où l'on retrouvait finalement 90 % des champs mis en culture avec des organismes génétiquement modifiés l'an dernier. Notons que de Halifax à Vancouver -- en passant par Saint-Hyacinthe --, 0,3 million d'hectares de plus ont été plantés en OGM en 2006, soit une croissance de 5 % par rapport à 2005.
À travers le monde, quatre plantes GM sont principalement exploitées à des fins commerciales, le soya, qui représente 57 % des cultures mondiales d'OGM, le maïs (25 %), le coton (13 %) et le canola (5 %). Le secteur agricole a également succombé à la courge, à la papaye, à la luzerne et au riz issu du génie génétique, mais dans des proportions encore très marginales, indique l'ISAAA.
Au Québec, le maïs et le soya sont principalement utilisés par les agriculteurs, a confirmé Luc Belzile, de la Fédération des producteurs de cultures commerciales, «mais à des niveaux plus bas que la moyenne nord-américaine. Ici, 40 % du soya est génétiquement modifié alors qu'il est question de 90 % des surfaces en Ontario ou aux États-Unis. Et une croissance est difficile à envisager puisque le Québec a réussi dans les dernières années à s'emparer de marchés d'exportation pour du soya non modifié génétiquement».
Pour le moment, 22 États permettent la culture commerciale des OGM sur leur territoire, indique l'association, dont le bilan, le seul à être aussi exhaustif, est considéré comme un document de référence autant par les groupes en faveur des OGM que par ceux qui y sont vertement opposés. À ce nombre s'ajoutent 29 autres pays où l'importation et la consommation humaine et animale de ces organismes ont été autorisées. Et ce n'est qu'un début...
Au regard de son analyse annuelle et des dix années qui viennent de s'écouler, l'ISAAA estime en effet que la superficie d'OGM plantés dans le monde devrait doubler pour atteindre 200 millions d'hectares d'ici 2015. Une vingtaine de nouveaux pays devraient entrer dans la danse, a indiqué M. James. Et «le nombre d'agriculteurs ayant adopté les biotechnologies agricoles pourrait aussi doubler dans la prochaine décennie».
C'est du côté des pays en voie de développement que l'International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Application pense que les OGM sont désormais voués à un bel avenir. À cet endroit, en 2006, ce genre de culture a en effet connu une croissance de 21 % par rapport à l'année précédente, révèle le portrait global de l'association. Contre 9 % dans les pays industrialisés.
Le riz GM, actuellement en culture commerciale uniquement en Iran, est par ailleurs considéré comme un «moteur capable d'accélérer la croissance» des OGM dans le monde, en passant par l'Inde, la Chine ou encore le Vietnam, qui, selon M. James, s'intéressent de plus en plus aux productions agricoles biotechnologiques.
«Ce portrait est sans doute biaisé puisqu'il émane d'une association dont les liens avec les promoteurs des biotechnologies sont flagrants», a commenté Anne-Marie Turmel, de l'organisme environnementaliste Les Amis de la terre, section Québec, qui s'oppose depuis des années aux OGM. «Une fois encore, l'ISAAA utilise son bilan pour faire la publicité des OGM. Sur le terrain, le son de cloche est différent. Les consommateurs ne veulent pas de ces plantations et dans plusieurs pays en voie de développement des agriculteurs se regroupent pour s'opposer à la mainmise des géants de l'agro-industrie sur le commerce des semences et pour préserver leur souveraineté alimentaire. Mais ça, l'ISAAA n'en parle pas.»
Selon elle, les avantages des cultures biotechnologiques -- moins de travail pour les agriculteurs, moins de pesticides et de meilleurs rendements -- seraient d'ailleurs surévalués afin de convaincre de plus en plus de producteurs et de stimuler ainsi artificiellement une croissance dans un monde «où de nombreux marchés se ferment aux OGM», dit-elle.
Depuis 1996, ces organismes ont fait leur apparition dans le monde afin de résister à des virus et à des pesticides, ou encore pour produire leur propre pesticide afin de se protéger contre les insectes et autres parasites.
L'association derrière ce bilan annuel reconnaît toutefois indirectement que ces organismes ne sont pas forcément sans tache, en raison de la résistance à des propriétés pesticides qu'ils peuvent induire chez certains insectes et mauvaises herbes. «Une gestion continue et responsable de ces résistances devra être pratiquée, estime M. James, surtout dans les pays du Sud qui seront les principaux utilisateurs des plantes GM durant la prochaine décennie.»
L'enjeu est sans doute de taille. En 2006, le commerce des plantes génétiquement modifiées a en effet atteint la valeur de 6,15 milliards $US, résume l'ISAAA dans son document. C'est, en valeur, 16 % du marché des pesticides pour cette même année et un cinquième de celui des semences. Le tout pour des plantes qui, au final, n'occupent pour le moment que 2 % à peine des terres agricoles mondiales.
Vos réactions
Une calamité pour la planète ces OGM ! - par Nathalie Maynard (soleilnat10@hotmail.com)
Le samedi 27 janvier 2007 05:00
L'Organisation des Grands Manipulateurs - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le vendredi 26 janvier 2007 16:00
Les OGM NE SONT PAS LA SOLUTION - par lise jacques
Le jeudi 25 janvier 2007 12:00
Améliorons la race des légumes! - par André Loiseau (andreloiselet@videotron.ca)
Le jeudi 25 janvier 2007 11:00
le mais, le coca - par claudine MAZZUCCA (claudine.mazzucca@wanadoo.fr)
Le jeudi 25 janvier 2007 06:00

