La course à l'investiture démocrate se précise - Kerry renonce à briguer la présidence américaine
Mots clés : campagne présidentielle, sénateur, John Kerry, États-Unis (pays)
Il ne recevait que 5 % d'appui
Washington -- Le sénateur américain John Kerry, candidat défait à la présidentielle de 2004 face au président républicain George W. Bush, a annoncé hier qu'il ne briguerait pas l'investiture démocrate pour la prochaine présidentielle.Jusqu'alors, M. Kerry n'avait jamais démenti son intérêt pour la Maison-Blanche, entretenant les spéculations en se montrant très actif au Sénat pour s'opposer à la politique de M. Bush, particulièrement en Irak.
Sa déclaration laisse en lice une demi-douzaine de candidats pour l'investiture démocrate à la présidentielle de 2008. Les favoris sont l'ancienne première dame Hillary Clinton, le sénateur noir Barack Obama, étoile montante du parti, et l'ancien colistier de John Kerry, John Edwards.
John Kerry, 63 ans, sénateur du Massachusetts depuis 1985, a échoué en 2004 à déloger M. Bush de la Maison-Blanche, après être arrivé en tête de la présidentielle dans seulement 19 États sur 50 (plus la capitale fédérale, Washington) et s'être laissé distancé de trois millions de voix au niveau national.
«Nous avons été près [de la victoire], assez près pour être tentés par un nouvel essai», s'est rappelé M. Kerry hier, se disant une nouvelle fois fier de la campagne menée il y a deux ans.
«Il y a des raisons puissantes qui me font vouloir continuer ce combat maintenant, a-t-il ajouté au terme d'un discours particulièrement virulent pour dénoncer la guerre en Irak, mais j'ai conclu que ce n'était pas le moment pour moi de monter une campagne présidentielle.»
Un sondage réalisé pour CNN du 19 au 21 janvier plaçait M. Kerry en cinquième position de la liste des candidats potentiels ou déclarés à l'investiture démocrate, avec 5 % des soutiens, loin derrière Hillary Clinton (34 %), Barack Obama (18 %), John Edwards (15 %) et l'ancien vice-président Al Gore, le premier adversaire malheureux de George W. Bush en 2000 (10 %). Ce sondage indique qu'un retrait de M. Kerry bénéficierait surtout à Mme Clinton et à M. Gore.
Plusieurs élus démocrates ont exprimé leur tristesse à l'annonce de la décision de M. Kerry et lui ont rendu un hommage chaleureux, à l'image de son collègue du Massachusetts Edward Kennedy, qui a souligné la difficulté de cette décision.
«Il n'y a aucun doute que l'Union serait dans un meilleur état aujourd'hui si le sénateur John Kerry avait été élu président il y a deux ans», a notamment souligné le représentant du Massachusetts Ed Markey.

