Metro a encore le vent dans les voiles
Mots clés : A&P Canada, Metro, Alimentation, Entreprise, Québec (province), Canada (Pays)
Avec l'acquisition d'A&P, ses revenus ont bondi de 65 % en 2006

Photo: Jacques Nadeau
Pour le premier trimestre de 2007, le bénéfice net a été de 67,9 millions, en hausse de 112,2 %. Les synergies ont été de 19 millions en comparaison de 7,9 millions au trimestre correspondant de 2006. Depuis 1990, c'est-à-dire depuis l'arrivée de M. Lessard à titre de président et chef de la direction, Metro présente des résultats impressionnants. La valeur de son action a augmenté de 4703 %; sa croissance a été de 626 % depuis 10 ans, de 113 % depuis cinq ans et de 27 % en 2006. L'avoir des actionnaires atteint 1,7 milliard et la valeur boursière totale est de 4,3 milliards.
Avec l'acquisition d'A&P, Metro se situe au troisième rang des distributeurs alimentaires au Canada, après Loblaw et Sobeys. Ses revenus atteignent le plateau de 11 milliards. Les dirigeants de Metro visent maintenant le deuxième rang occupé par Sobeys, dont les ventes dépassent 12 milliards. M. Lessard précisait hier que Metro est déjà premier pour le bénéfice net mais demeure pour l'instant second en ce qui concerne les revenus. Metro a une part de marché de 34 % au Québec et de 24 % en Ontario. L'hypothèse d'une autre acquisition importante n'est pas exclue pour une expansion à la grandeur du Canada, mais il n'y a aucun projet d'acquisition concret à ce sujet présentement, bien que Metro aurait les ressources financières pour en faire, compte tenu de la valeur de son titre, de sa capacité de générer des liquidités et d'une réserve de 500 millions sous forme d'actions dans Alimentation Couche-Tard, un bloc d'actions qu'on n'a pas l'intention de vendre mais qu'on pourrait quand même monnayer si nécessaire.
La priorité demeure pour l'instant le plan d'intégration d'A&P, auquel des ressources importantes sont consacrées en argent et en personnel. Ce plan s'articule sur trois axes, dont le premier est d'aménager des magasins selon un concept moderne, évolutif et proche des goûts des consommateurs. Metro a une équipe qui voyage sans cesse à travers le monde pour percevoir les tendances les plus novatrices. En second lieu, il s'agit d'harmoniser les marques maison en Ontario même, et en rapport avec celles du Québec, afin d'augmenter les synergies et de mieux cibler les marchés. Il faut aussi rationaliser les cinq marques conventionnelles en Ontario. Enfin, il faut implanter les systèmes informatiques de Metro chez A&P. Selon M. Lessard, il reste des défis énormes à relever, notamment celui d'une concurrence très vive qui risque de s'accroître avec l'entrée sur le marché ontarien de Wal-Mart. Pour l'instant, le président déclare qu'il ne s'agit que d'un «concurrent comme les autres».
Encore cette année, les émoluments de M. Lessard ont donné lieu à un certain débat au cours de la période de questions. Yves Michaud, actionnaire de Metro et président du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, a repris toute l'argumentation dénonçant les sommes colossales versées à des dirigeants d'entreprise par des conseils d'administration qui ne font qu'appuyer les décisions de l'équipe de direction. Bien sûr, M. Michaud a mis Metro dans le même panier en parlant de M. Lessard, dont le salaire et les primes totalisent 1,7 million en 2006 et qui a en réserve des options pour une valeur qui irait de 39 à 60 millions, selon lui.
Il a établi un parallèle entre la situation de Paul-Henri Rousseau, qui a un salaire d'un million comme président de la Caisse de dépôt et qui gère des actifs nettement plus élevés que ceux de Metro. Il a souligné que Pierre Brunet est président du conseil de la Caisse et également président du comité de rémunération chez Metro. M. Michaud s'est étonné qu'il y ait un écart 40 fois supérieur entre les salaires de l'un et de l'autre. À cela, M. Brunet a répondu que le conseil d'administration de Metro n'avait rien à se reprocher et a rappelé qu'en 1990 un investisseur qui avait pour 10 000 $ d'actions de Metro en a aujourd'hui pour une valeur de 480 000 $. La valeur accumulée des options versées à M. Lessard depuis 1990 est de 27 millions. «Le conseil d'administration est très fier de ses décisions», a ajouté M. Brunet.
Par ailleurs, Maurice Jodoin, président du conseil de Metro, a répondu à M. Michaud en rappelant qu'en 1990, Metro avait connu deux déficits annuels consécutifs de 10 millions. L'entreprise recherchait quelqu'un pour effectuer un redressement mais ne pouvait pas payer un salaire compétitif, ni offrir de primes au rendement. Les banquiers étaient nerveux. Approché par Metro, M. Lessard aurait alors dit qu'il voulait bien se comporter comme un entrepreneur pour autant que sa rémunération soit conforme à celle d'un entrepreneur. Une entente sur la formule des options est alors intervenue. Il y a eu depuis au moins deux renouvellements de mandat et chaque fois le conseil d'administration a jugé bon de maintenir la même philosophie, en limitant cependant le nombre des options. Les sommes importantes d'argent que M. Lessard est maintenant en mesure d'obtenir en vendant ses options découlent en somme des résultats obtenus depuis par Metro sous la gouverne de M. Lessard, que tout le monde, y compris M. Michaud, considère comme «un excellent gestionnaire».
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Certains journalistes couchent avec nos millionnaires. - par Philippe Champagne
Le mercredi 24 janvier 2007 16:00

