Au temps où l'ADQ prônait l'accommodement raisonnable...
Mots clés : accommodement raisonnable, ADQ, Religion, Parti politique, Québec (province)
Québec -- En plein coeur du débat sur la déconfessionnalisation du système d'éducation, à l'automne 1999, l'Action démocratique du Québec (ADQ) prônait les «accommodements raisonnables» tous azimuts à l'école, et ce, pour toutes les religions.
En 1999, dans le mémoire de l'ADQ -- que des libéraux manifestement fiers de leur trouvaille ont distribué hier à plusieurs médias --, on affirmait que, «comme toute organisation, l'école québécoise est tenu [sic] à une obligation d'accommodement raisonnable». Plusieurs pratiques qui se veulent «neutres», notait l'ADQ, sont susceptibles de «créer de la discrimination à l'égard de certains élèves». On illustrait la chose par divers exemples: le calendrier scolaire «entrant en conflit avec les fêtes religieuses juives, musulmanes ou autres» et des règles vestimentaires qui interdisent le port de certains vêtements religieux ou «imposent le port de vêtements considérés comme impudiques».
Les principes défendus dans le mémoire de l'ADQ de 1999 auraient ouvert tout grand les portes des écoles québécoises aux religieux. «Là où le nombre le justifie», plaidait-on, un cours d'enseignement confessionnel devait être «élaboré pour chaque confession». Le mémoire soulignait même que dans la région de Montréal, «on pourrait envisager de regrouper les élèves de différentes écoles afin de constituer des groupes suffisamment nombreux pour justifier un enseignement confessionnel conforme à leurs convictions [ou à celles de leurs parents]». L'ADQ allait jusqu'à dire qu'en «l'absence de ressources professorales compétentes relativement à une confession en particulier, les écoles devraient également pouvoir faire appel à des personnes issues de cette confession religieuse». En 1999, pour l'ADQ, les règles syndicales des établissements scolaires devaient même s'effacer pour faire place aux accommodements en question: «Puisque les convictions en matière de religion relève [sic] des droits et libertés de la personne, les conventions collectives devraient s'adapter aux besoins exprimés par les parents et leurs enfants et non l'inverse.» L'ADQ évoquait les impératifs de la «souplesse» et de la «flexibilité» afin de s'adapter aux besoins particuliers des élèves.
Malaise
Le rappel de ce texte de l'ADQ a suscité un certain malaise au sein de la formation politique. Mario Dumont a rejeté toute demande d'entrevue. «Il n'y a aucune contradiction [entre les positions de 1999 et de 2007]. M. Dumont n'a jamais dit qu'il était contre les accommodements raisonnables en soi mais contre les accommodements déraisonnables», a soutenu son attachée de presse, Élodie Girardin-Lajoie. Elle a tenu à souligner que dans son mémoire, l'ADQ insistait «comme aujourd'hui» sur des valeurs comme l'égalité entre les hommes et les femmes.
Joint à Lachine, le coauteur du mémoire, Cédrick Pautel, à l'époque président du comité sur l'éducation de la commission politique de l'ADQ, a sèchement refusé de répondre aux questions du Devoir sur l'évolution des positions de l'ADQ. «On va en rester là», a dit en raccrochant celui qui a été secrétaire général de la Fédération des associations d'étudiants de l'Université de Montréal au début des années 90.
Vos réactions
En réaction aux réactions - par Philippe Champagne
Le samedi 20 janvier 2007 20:00
Accomodement raisonnable au temps de l'ADQ - par Huguette Marchand (huguettemar@gmail.comue)
Le samedi 20 janvier 2007 15:00
Un signe d'ouverture et d'évolution - par Christian Boulet
Le samedi 20 janvier 2007 10:00

