Les « remarques » de Rice ont déplu - Maliki ne décolère pas

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AFP
Édition du vendredi 19 janvier 2007

Mots clés : Condoleezza Rice, George W. Bush, Nouri al-Maliki, États-Unis (pays), Irak (pays)

Washington minimise les critiques de son allié irakien

Washington -- Le premier ministre irakien a ajouté hier au mécontentement qui grandit à l'endroit de la Maison-Blanche, mais celle-ci a réaffirmé sa confiance à Nouri al-Maliki pour appliquer le nouveau plan de George W. Bush pour l'Irak.

Selon des propos rapportés par différents journaux occidentaux avec lesquels il s'est entretenu la veille, M. Maliki accuse la secrétaire d'État Condoleezza Rice de faire le jeu des terroristes par ses déclarations sur la fragilité de son gouvernement, qui serait en sursis.

Il «corrige» le président américain qui a, selon lui, cédé à la pression quand il a critiqué les conditions de l'exécution de Saddam Hussein. Il estime que l'administration américaine est en proie à «une sorte de situation de crise» après la défaite du camp présidentiel aux élections parlementaires de novembre et que M. Bush n'a jamais été aussi «faible» qu'aujourd'hui.

«J'ai l'impression que ce sont eux, à Washington, qui touchent à leur fin et non nous, ici à Bagdad», a dit M. Maliki, cité par le quotidien italien Corriere della Sera.

M. Maliki défend l'indépendance de son gouvernement et signifie que les États-Unis parviendraient à réduire considérablement leurs effectifs dans les trois à six mois s'ils accéléraient la livraison d'armes et d'équipement aux forces irakiennes.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, a minimisé les propos de M. Maliki. Il a concédé un désaccord entre MM. Maliki et Bush sur les circonstances de la pendaison de Saddam Hussein mais affirmé la communauté d'objectifs des deux hommes.

Il a répondu par l'affirmative à la presse qui lui demandait si, selon lui, M. Maliki comptait coopérer pleinement à l'application du nouveau plan de M. Bush pour l'Irak: «Vous avez là un premier ministre qui a dit clairement qu'il veut faire ce que les politiciens américains et le public américain veulent le voir faire.»

Cependant les déclarations de M. Maliki sont les dernières en date à traduire la difficulté à concilier les intérêts de deux hommes sous pression, le premier ministre irakien et le président américain.

M. Bush a exprimé son impatience la semaine dernière en présentant un nouveau plan pour l'Irak qui ressemble, pour lui, à celui de la dernière chance. Devant la résistance d'un Congrès que dominent désormais ses adversaires démocrates et qui entend empêcher l'envoi de 21 500 soldats supplémentaires, M. Bush a a priori grand besoin de M. Maliki.

Il a prévenu ce dernier que l'engagement américain n'était pas illimité et que le gouvernement irakien risquait de perdre le soutien américain s'il ne tenait pas ses engagements. M. Bush a estimé en outre que l'exécution de Saddam Hussein s'apparentait à un acte de vengeance.

Quant aux propos de Mme Rice selon lesquels le gouvernement irakien serait en sursis, ils sont susceptibles de «donner un coup de fouet au moral des terroristes et [...] de leur faire croire qu'ils sont venus à bout de l'administration américaine», a dit Maliki.

M. Snow a réfuté que les mots de Mme Rice puissent être assimilés à un défaut de soutien américain. Au contraire, a-t-il dit, les propos de M. Maliki sur la nécessité d'accélérer la formation et l'équipement des forces irakiennes «sont une indication supplémentaire du fait que nous avons là un type qui entend sérieusement assumer toutes ses responsabilités quand il s'agit d'assurer la sécurité en Irak».


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