Deux proches de Saddam Hussein ont été pendus

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Reuters , AFP
Édition du mardi 16 janvier 2007

Mots clés : Aouad Hamed al Bander, Barzane Ibrahim al Tikriti, Saddam Hussein, Peine capitale, Décès, Irak (pays)

Les exécutions provoquent un tollé dans le monde arabe

La dépouille de  Barzan Ibrahim al-Tikriti a été transportée par ses partisans à Tikrit.

Photo: Agence Reuters

Deux semaines après Saddam Hussein, son demi-frère, Barzane Ibrahim al Tikriti, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire, Aouad Hamed al Bander, ont été pendus à leur tour hier pour crimes contre l'humanité, a confirmé le gouvernement irakien qui, en dépit de ses soins, n'a pu éviter une nouvelle polémique.

Ses coreligionnaires sunnites ont été indignés d'apprendre que la tête du demi-frère de Saddam Hussein avait été arrachée par la corde et la communauté internationale a réitéré ses critiques envers la peine de mort.

Tous deux avaient été condamnés, avec l'ex-dictateur, à la peine capitale pour crime contre l'humanité pour leur responsabilité dans le massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl, tués en représailles à un attentat manqué contre le convoi présidentiel dans les années 1980.

L'exécution a eu lieu dans un endroit qui n'a pas été révélé, en présence de témoins rigoureusement sélectionnés pour éviter tout incident. Aucune annonce préalable n'avait été faite par les autorités.

«La tête de Barzan s'est détachée de son corps lors de sa pendaison. Cela arrive rarement mais c'est arrivé. C'est un acte de Dieu», a souligné le porte-parole du Premier ministre Nouri al-Maliki, Ali al-Dabbagh, selon la traduction officielle en anglais de sa déclaration en arabe.

Le gouvernement irakien a tourné une vidéo de l'exécution des deux hommes qui n'a été montrée qu'à quelques journalistes, mais ne sera pas diffusée au grand public. Ces images montrent les deux condamnés, tremblants et vêtus d'une combinaison orange de prisonnier, monter côte à côte sur la potence. Elles montrent ensuite les corps pendus: Barzan a été décapité sous le choc de la pendaison, son cadavre repose à même le sol, sur le ventre, sa tête à plusieurs mètres de là.

Leurs corps ont ensuite été transférés dans un hélicoptère de l'armée américaine à Tikrit, pour être inhumés dans la soirée auprès de Saddam Hussein, lui-même enterré dans son village natal d'Aouja, à proximité.

L'annonce de la mort des deux anciens dignitaires du régime baassiste n'a suscité aucune réaction notoire à Bagdad. Elle a été saluée par quelques manifestations de joie dans la ville sainte chiite de Najaf (centre).

La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice, en visite en Égypte, a exprimé la déception de son pays après cette exécution, estimant que les deux hommes auraient dû être pendus avec «plus de dignité».

Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a critiqué hier la pendaison des deux collaborateurs de Saddam Hussein, estimant que leur exécution équivalait à une violation du droit international.

La commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a déploré que la manière dont ont été exécutés Saddam Hussein et ses deux coaccusés porte atteinte aux efforts de réconciliation en Irak.

De son côté, le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a apporté lundi son soutien au projet italien de moratoire international sur la peine de mort.

Au Vatican, l'Osservatore Romano a déploré que Bagdad ait fait la sourde oreilles aux appels à surseoir aux exécutions.

Barzan al-Tikriti et Awad al-Bandar devaient initialement être pendus en même temps que Saddam Hussein, mais leur exécution avait été ajournée au dernier moment et avait été depuis reportée, après l'indignation suscitée par la diffusion sur internet de la vidéo pirate de la pendaison de l'ex-dictateur.

Malgré les réactions internationales, M. Maliki avait prévenu que le gouvernement mènerait à bien ces exécutions, estimant qu'il s'agissait d'une «affaire interne ne concernant que les Irakiens».


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