Les maoïstes entrent au Parlement népalais

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP , Reuters
Édition du mardi 16 janvier 2007

Mots clés : maoïstes, Matrika Yadav, Gouvernement, Népal (pays)

Les rebelles occupent 83 sièges sur 330

Le chef des maoïstes Matrika Yadav.

Photo: Agence Reuters

Katmandou -- Le Népal a franchi hierune étape politique historique, encore impensable il y a quelques mois, avec l'entrée en force des rebelles maoïstes dans un Parlement intérimaire, conséquence de l'accord de paix scellé fin novembre qui a mis fin à 10 ans de guerre civile.

Le Parlement népalais, réinstallé en mai 2006 au lendemain du mouvement démocratique d'avril contre le roi, a adopté à l'unanimité une Constitution provisoire offrant aux maoïstes 83 sièges sur les 330 d'un nouveau parlement intérimaire, a annoncé Subash Nemwang, président de la chambre basse.

Pour la première fois dans l'histoire du royaume, les anciens guérilleros participeront aussi dans quelques semaines à un gouvernement d'union nationale, dès que sera réglée la répartition des portefeuilles ministériels. La rédaction du texte constitutionnel avait été bouclée en décembre.

Ces développements marquent en principe la fin d'une guerre civile qui a fait environ 13 000 morts en une décennie.

«C'est un jour de réconciliation entre tous les partis politiques et avec le peuple», a déclaré le premier ministre Girija Prasad Koirala devant le Parlement.

C'est «un pas révolutionnaire vers la création d'un nouveau Népal [...] en paix et en sécurité», a proclamé Sushil Koirala, vice-président du parti népalais du Congrès, première formation de la coalition au pouvoir.

Les maoïstes et les sept partis gouvernementaux du Népal avaient conclu le 21 novembre un accord de paix historique de partage du pouvoir.

Les rebelles sont excités à l'idée de participer à cette législature intérimaire, a déclaré leur porte-parole, Krishna Bahadur Mahara.

Les deux camps s'étaient alliés au printemps 2006 dans des manifestations monstre qui avaient forcé le roi du Népal Gyanendra à renoncer à ses pouvoirs absolus, parmi lesquels le contrôle de l'armée. Depuis, il est reclus dans son palais et a disparu de la vie publique.

Preuve qu'il a perdu la main politiquement, Gyanendra a été jugé, par une commission d'enquête, responsable de la mort de 19 manifestants lors du mouvement d'avril. Il n'est pas encore poursuivi pénalement.

Selon la Constitution intérimaire, le souverain a perdu temporairement sa fonction de chef de l'État qui a été transférée au premier ministre népalais Girija Prasad Koirala, âgé de 85 ans. Et le roi n'a quasiment aucune chance de revenir sur le devant de la scène politique, estiment des analystes, même s'il n'est pas formellement destitué.

Une assemblée constituante chargée de rédiger une Constitution définitive et qui tranchera le sort de la monarchie et du roi doit être élue en juin 2007. Les maoïstes ont toujours promis d'abolir la royauté.

La semaine dernière, ils ont d'ailleurs prédit leur victoire à l'élection de cette assemblée constituante et la formation d'un gouvernement majoritaire par la suite.

Au plan militaire, ils doivent déposer leurs armes et cantonner leurs soldats, sous la supervision d'observateurs de l'ONU. Trente-cinq d'entre eux doivent arriver au Népal cette semaine.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com