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médecine de brousse - quand on veut confier au communautaire un rôle curatif
Il existe un bon nombre d'organismes communautaires, normalement issus des besoins de la clientèle, qui sont sous financés et qui ne peuvent avoir pour mission de compenser, ou de repondre aux besoins des personnes dont l'État n'a pu s'occuper. Lorsqu'une personne n'est pas stabilisée correctement par un suivi, une thérapie ou une médication, il est bien difficile pour elle et pour les autres, de vivre une dynamique efficace de groupe de soutien, de loisir ou de milieu de vie. Autrement dit, le soutien, ce n'est pas le curatif.
S'investir en santé mentale dans le domaine communautaire, même comme travailleur, c'est un geste de coeur. Nécessairement, parce que c'est mal payé. Sans oublier que la majeure partie des ressources sont bénévoles.
Se pourrait-il qu'une grande partie de la solution à l'énigme, provienne de la reconnaissance du rôle que peuvent jouer les autres professionnels ( c-a-d les non psychiatres ) et les bénévoles. Et quand je dis reconnaître, ce n'est pas un transfert de responsabilité simple. Ca veut dire de soutenir, financièrement et techniquement, la capacité à assumer les tâches qu'on veut leur confier.
Un exemple flagrant est le nombre de téléphones d'intervenants en clsc ( feu les clsc ) qui tentaient de nous " referer " des personnes le vendredi après-midi ou bien juste avant les vacances, question de pouvoir vider la pile de dossiers.
Je suis parti de ce domaine parce que je n'en pouvais plus de recevoir des personnes atteintes, et d'avoir comme demande de "patcher" par le soutien, ce qui n'a pas été correctement fait au niveau curatif. J'ose croire qu'au niveau ministeriel on comprend cet enjeu, .. mais je ne le crois pas.
