La mode américaine se préoccupe à son tour des mannequins trop maigres
Mots clés : Council of Fashion Designers of America, OMS, mannequins, santé, États-Unis (pays)
New York-- À trois semaines du début de la présentation des collections d'automne-hiver, le 2 février à New York, les professionnels américains de la mode publient des recommandations destinées à tourner la page des mannequins anorexiques, boulimiques ou fumant comme des pompiers.
Mais ces mesures ne sont qu'incitatives et l'indice de masse corporelle (IMC), moyen fiable d'évaluer la corpulence et les éventuels risques pour la santé, n'est nulle part mentionné. En septembre, la Semaine de la mode à Madrid avait décidé d'interdire les mannequins présentant un IMC inférieure à 18. Ce chiffre se calcule en divisant le poids de l'intéressé(e) en kilogrammes par le carré de la taille en centimètres.
L'OMS (Organisation mondiale de la santé) considère que l'IMC d'un individu de corpulence normale est compris entre 18,5 et 24,9. Pour atteindre l'indice de 18, un mannequin mesurant 1,75 m devrait peser 57 kg, alors que le poids des mannequins de cette taille est en moyenne de 52 kg.
La mort du modèle brésilien Ana Carolina Reston, qui pesait selon sa famille 39,6 kg, a déclenché une prise de conscience. En décembre, les professionnels italiens du secteur ont ainsi accepté de ne pas employer de mineurs de moins de 16 ans et d'exiger de tous les mannequins un certificat médical d'absence de désordre alimentaire.
Quant aux professionnels américains, ils expliquent dans un communiqué du CFDA qu'ils veulent «informer et éduquer, pas faire la police». Le directeur exécutif du Conseil, Steven Kolb, a en outre estimé dans un entretien à l'Associated Press que l'IMC ne représentait qu'un critère d'identification des désordres alimentaires parmi d'autres. «De nombreuses filles qui défilent sont génétiquement minces. Allez en coulisses, et vous verrez des tas de filles qui mangent beaucoup et ne prennent pas de poids», a-t-il assuré.
Le directeur artistique de Bill Blass, Michael Vollbracht, estime qu'il faudra du temps pour que l'industrie s'adapte à des mannequins moins maigres. «La minceur est toujours à la mode, c'est comme cela que l'on montre les vêtements», souligne-t-il, reconnaissant toutefois que cela influence les adolescentes et femmes, qui veulent ressembler aux vedettes.

