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Aux noms du père et de la mère!
Ça a été un calvaire, étant donné que la fonction première d'un nom se vérifie d'abord dans l'acte de communication! Or les "einh, quoi?" à répétition en ont démontré l'échec à souhait. Qui plus est, moi qui était "Hétu" par mon père, devenait maintenant surtout "Gendreau" par ma mère, par effet de rétention visuelle et pschologique supérieure du premier nom. Quelle marmelade... Puis est venu le temps d'avoir des enfants à mon tour - et j'en ai eu quatre, deux garçons, deux filles.
Quelle stratégie du nom adopter? Il fallait trouver une solution raisonnable. Or j'ai toujours pensé que la domination automatique et absolue du patronyme était profondément injuste, surtout dans une société où les mères s'occupent encore plus des enfants que les pères. Mais je ne voulais pas faire subir à mes enfants l'expérience désagréable du nom à penture. La solution trouvée, toute simple, s'est avérée la plus juste et dépend d'un critère objectif et neutre qui laisse de côté les facteurs émotifs: mes filles portent le nom de leur mère et mes garçons le mien (encore qu'il a fallu en choisir un des deux!).
On me dira évidemment que j'ai eu la chance d'avoir deux enfants de chaque sexe! Mais de cette façon, les noms des mères, s'ils peuvent se perdre à l'échelle individuelle si aucune fille ne naît, pourront être préservés à l'échelle de la société, de même que ceux des pères, étant donné le nombre presque égal de naissances pour chaque sexe. Il s'agit de la seule solution juste, objective, raisonnable et PRÉVISIBLE qui existe. Plus de guerre des sexes, plus de dilemme individuel, plus de frustration: tout le monde est gagnant, et en particulier le nom.
Si les Québécois (Anciens Canadiens...) avaient eu cette tradition dès les débuts de la colonie, notre trésor des noms de famille en serait deux fois plus riches! Allez voir tous ces beaux noms des filles du roi qui ont sombré dans l'oubli! Car cette façon de transmetter le nom "mère-fille" et "père-fils", n'est pas aussi "post-moderne" que certains peuvent penser: j'ai lu en effet qu'en Sardaigne, au Moyen-Âge, c'était une manière courante de nommer les enfants! En espérant que mes remarques vont aider quelques jeunes parents à se sortir du dilemme... A bon entendeur, salut!
