Opinion

Lettres: Des plaignants abusifs

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Stéphane Lessard, Roxton Pond, le 7 janvier 2007

Édition du jeudi 11 janvier 2007

Mots clés : père monoparental, Fathers4Justice, Justice, Québec (province)

«Il serait temps qu'il y ait des gars qui les dénoncent, que nos alliés commencent à se faire entendre plus fort.» À l'appel lancé par la présidente de la Fédération des femmes du Québec au sujet des poursuites en justice engagées par le groupe Fathers4Justice (Le Devoir, 6 janvier 2007), je réponds présent. En troquant leurs costumes de superhéros qui escaladent les ponts pour celui du plaignant qui utilise à outrance les tribunaux pour se faire remarquer, Fathers4Justice poursuit sa cabale contre celles (surtout) et ceux qui luttent pour les droits des femmes et pour l'égalité entre celles-ci et les hommes. L'objectif de ce groupe, constitué de quelques individus qui ne représentent surtout pas une majorité, est claire: faire taire les voix de celles qui osent les dénoncer.

Je suis père monoparental et j'ai la garde à temps plein de mon enfant de quatre ans. J'ai passé à travers tout le processus de médiation et la cour a décidé, à la recommandation d'une expertise psychosociale, de me confier la garde de l'enfant en permettant à la mère de le voir une fin de semaine sur deux, en plus d'une journée par semaine.

Quand j'entends Fathers4Justice clamer que le système judiciaire est injuste, je ne peux que me poser de sérieuses questions sur le bien-fondé des requêtes de ces pères qui se disent floués. [...]

Fathers4Justice mène un combat rétrograde et ses actions doivent être dénoncées. La poursuite engagée contre la journaliste de la revue À bâbord est injustifiée, et la seule chose que je souhaite à ce groupe et à son président, c'est qu'ils soient déclarés plaignants abusifs afin qu'ils cessent d'utiliser les tribunaux de façon excessive pour museler celles qui osent se lever pour rappeler que l'égalité entre les hommes et les femmes n'est pas acquise et qu'elle est même loin d'être atteinte. J'en appelle donc à celles mais aussi et surtout à ceux qui ont à coeur ce principe pour que nous disions haut et fort que ce sont nos enfants qui devraient à tout moment être au centre de nos préoccupations.


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