Médias - Ouverture à Paris d'un congrès sur la liberté de la presse en Irak
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Paris -- Un congrès sur la liberté de la presse en Irak s'est ouvert hier au siège de l'UNESCO à Paris où les participants devaient examiner notamment la question de la protection des journalistes dans ce pays qui reste le plus meurtrier pour les professionnels des médias.
L'Irak est resté en 2006, pour la quatrième année consécutive, le pays «le plus dangereux» pour les professionnels des médias avec 64 journalistes et collaborateurs tués et 17 enlevés, selon un bilan annuel publié le 31 décembre par l'organisation Reporters sans frontières (RSF).
«La plupart des victimes sont des journalistes locaux qui défendent la liberté d'opinion et encouragent le dialogue», a observé le directeur général de l'UNESCO, confirmant le constat de RSF qui évalue à 90 % le nombre de victimes irakiennes dans les violences contre les médias.
Au total, 139 journalistes ont été tués en Irak depuis le début de la guerre en mars 2003, «soit plus du double du nombre de journalistes tués pendant les 20 années de la guerre du Vietnam (63 tués entre 1955 et 1975)».
Le directeur de l'UNESCO a souhaité qu'il «soit mis fin à cette violence» et que les journalistes puissent travailler «en toute sécurité». Il a aussi plaidé en faveur d'une «stratégie pour la liberté de la presse» dans ce pays où les médias étaient placés sous le contrôle strict de l'ancien régime déchu de Saddam Hussein.
«Il faut aider le gouvernement irakien à offrir un environnement propice au libre exercice du métier de journaliste», a-t-il dit, appelant les journalistes irakiens à «ne pas s'impliquer dans le conflit confessionnel» qui déchire leur pays.
L'UNESCO contribue à la mise en oeuvre d'un programme international de formation des journalistes irakiens doté d'une enveloppe de trois millions d'euros (environ 4,6 millions de dollars canadiens).
Un député irakien, Moufid al-Djazaïri, membre de la commission Information et Culture, a plaidé de son côté pour la mise en place de «bases juridiques» pour assurer la liberté de la presse et permettre à celle-ci de «contribuer à l'édification d'un nouvel Irak».
Un représentant irakien d'une Commission nationale pour l'information et la Communication, organisme indépendant composé notamment de journalistes et de députés, a demandé que la protection des professionnels des médias soit inscrite dans la loi. Il a aussi plaidé pour la mise en place d'un mécanisme d'indemnisation des journalistes victimes des violences.
Les travaux du congrès doivent se poursuivre jusqu'à demain et se terminer par des recommandations sur la protection de la liberté de la presse et le développement des médias en Irak.

