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Un peu de spéculation
Certains malins arrivent à s'enrichir de plusieurs millions par année par leurs bons placements en bourses, mais les legs sont limités à (disons) un millions de $ pour le (la) conjoint(e) et 300 000. $ pour chaque enfant, le reste devant être retourner à l'état, si celui-ci souffre d'un taux d'endettement dépassant un certain seuil (en % du PNB), sinon à l'ONU qui se charge d'en faire la distribution au plus démunis de la planète.
Les entreprises mettent en marché des produits et services à moindre prix, du fait qu'elles n'ont pas à verser de salaires exorbitants. Les gouvernements paient une bonne partie de la dette (ou des dépenses) publique avec les fortunes accumulées par ses concitoyens les plus malins, ce qui permet donc des taux de taxation plus bas. Les travailleurs ordinaires sont moins exigeants en termes de demande salariale, non seulement en raison de besoins moindres, mais aussi faute de modèle en termes de salaires multimillionnaires. Faute d'emballement salarial depuis maintenant plusieurs décennies, il est impensable de transporter nos ressources vers la Chine, pour qu'on nous les retourne ensuite en produits finis.
Nous vivons désormais dans un monde où les inégalités économiques sont beaucoup moins criantes, et nous avons cessé de dépenser de l'énergie pour trimballer des ressources et produits finis à travers la planète, sachant très bien que le transport est un mal nécessaire (et onéreux) qu'il vaut mieux limiter au minimum. La misère est à peu près éradiquée sur la planète, et la très grande majorité de la population mondiale fait partie de la classe moyenne. Mais où diable prenons-nous les ressources pour alimenter tout ce beau monde? Comment pouvons-nous survivre avec quatre milliards de véhicules qui demandent leurs pleins d'essence à chaque semaine? Est-il raisonnable de demander aux capitalistes de cesser leurs publicités qui nous incitent à consommer de plus en plus? Est-il raisonnable de demander aux entreprises de s'orienter vers la décroissance volontaire?
Dans un monde idéal, l'économie serait au service des hommes et non l'inverse. Et si l'homme était conséquent avec lui-même, il s'organiserait pour ne pas se faire cracher dans la face par son environnement. Et sachez que je fais partie de votre environnement et que si je me sens traité avec injustice, il y a de forte chance que je sois celui par qui le crachat vous arrivera.
Dans ma tête d'idéaliste, il est pensable d'amenuiser de beaucoup les disparités économiques, tant entre individus qu'entre nations, sans trop révolutionner le système actuel. Mais si nous voulons continuer à partager cette pauvre planète entre six milliards d'individus, il faut commencer par soigner notre boulimie érigée en système, et apprendre à se discipliner pour ramener la population à un niveau que Mère Nature est disposée à nourrir. Oups! Je crois que je viens de toucher un sujet tabou...
