Vos réactions
Aux bancs des accusés: les riches...éditorialistes ?
Je courrai emprunter à ma bibliothèque ce livre de monsieur Kempf.
Cependant, pourrait-on avec votre aide et celui du public lecteur du Devoir de même que votre discernement journalistique approfondir l'analyse en analysant mieux le rôle des riches conglomérats médiatiques qui maintiennent en place des rédacteurs en chef et éditorialistes à la solde de ce capitalisme spolieur de notre patrimoine écologique?
Et si on commencait à appliquer chez nous ce proverbe chinois qui ne dit-il pas à juste titre de commencer par balayer sa propre cour? Oui oui ici même au Canada et au Québec dans nos riches conurbations de Toronto et de Montréal, là où se concentrent et convergent la plupart de nos grands médias qui alimentent autant Bay Street que la rue principale de Chibougamau?
Bon je le sais, votre éthique journalistique ne vous permet pas de critiquer ouvertement vos collègues que sont les André Pratte et Alain Dubuc de ce monde qui ne manquent jamais une occasion et ce, presqu'au quotidien, de tomber à bras raccourcis sur tout ce qui peut simplement questionner ce développement brutal, anarchique et souvent anti-écologique qui déferle dans nos quartiers ou nos régions dites "éloignées".
J'en ai pour conviction - et je ne suis pas le seul - qu'il s'agisse qu'une simple petite formation politique en devenir et jusqu'à maintenant peu menaçant parti qu'est Québec solidaire ose avancer l'idée de "nationaliser" l'énergie éolienne qu'un Alain Dubuc dans La Presse tombe aussitôt à bras raccourcis sur une simple messagère qu'est Françoise David. Non mais il y a des limites à l'indescente "Éloge de la richesse", non?
Continuons dans cette misère des riches qui ne voient pas leurs projets (et le bon gros cash qui vient avec) aboutir dans leurs "propres" poches au rythme qui leur convient. Oublions les débats publics régionaux du Mont-Orford et celui du CHUM à Montréal et qui ont marqués notre année médiatique 2006.
Prenons simplement celui du projet dégonflé du casino de Montréal qui aurait eu des impacts plus grands pour tout le Québec.
Ce débat et ce projet de relocalisation du casino de Montréal a connu son apogée lors d'une lettre ouverte dans La Presse (tiens encore!) du 18 mai dernier où le lucide Michel Kelly-Gagnon, nouveau président du Conseil du patronat du Québec (CPQ) vantait ce projet. Avec leur sous-fifre et porte-parole dans ce dossier, Lucien Bouchard, ceux-ci possédaient dorénavant la clef pour sortir le Québec de la paresse... En gros, ce fut la faute aux gauchistes et "professionnels de la contestation" que sont les François Saillant et FRAPRU de ce monde si le projet a achoppé.
Dans cette même lettre, ce nouveau patron des patrons invitait d'ailleurs le gouvernement à «couper leurs subventions» aux groupes communautaires qui contestent des politiques et des projets. Il se défendait bien de vouloir «brimer la liberté d'expression de qui que ce soit», suggèrait néanmoins ce monsieur Kelly-Gagnon, toujours dans cette lettre ouverte.
Bravo aux «organismes charitables [sic!] qui soutiennent les gens dans le besoin», écrivait-il, tant que ces mêmes organismes (incluons sans problème ici les groupes écologistes) restent silencieux lorsqu'un projet ou une politique risque, à leurs yeux, d'aggraver la situation des populations démunies. Traitez les conséquences de la misère, mais, surtout, n'en dénoncez pas les causes.
Watch out monsieur Saillant, vous n'aurez pas la partie belle comme candidat de Québec solidaire dans votre circonscription et votre quartier qu'est Rosemont!
Mais heureusement les milieux économiques et sociaux ne sont plus étanches, et voilà un bel acquis pour le Québec des dernières décennies puisque les syndicats investissent dans des entreprises au moyen des fonds de travailleurs.
Le Cirque du Soleil, qui était associé à ce projet de gonflement du casino, a lui-même vu le jour grâce au soutien financier de la Caisse d'économie solidaire (associée de près aux mouvements sociaux) à l'époque où aucun capitaliste ne faisait confiance à Guy Laliberté. D'ailleurs comme se plaisait à le rappeler Richard Martineau dans le Voir du 1er juin dernier: "Si ce n'était du gouvernement du Québec (re-sic!), qui lui a donné un sacré coup de main quand il en avait besoin, Guy Laliberté ne frayerait pas avec le jet-set international. Il jonglerait avec des bananes et des poires sur la rue du Trésor".
Mais voilà que les organismes communautaires sont désormais des agents de développement économique local, d'innovation sociale et d'éducation à la citoyenneté.
Voilà aussi qu'un tout nouveau parti politique qu'est Québec solidaire pourrait également canaliser ces forces vives et sociales. Cependant la bataille ne sera jamais facile et devra se faire à mon sens au quotidien soit "en consommant moins et en répartissant mieux" mais aussi en utilisant les forces et les limites de toute action politique! Elle doit se faire également au quotidien car la petite, grande, riche et moins riche presse capitaliste sera toujours très féroce vis-à-vis le changement social (et environnemental).
Voilà pourquoi ma résolution de l'année 2007 a débutée par une contribution mensuelle à ce nouveau parti qu'est Québec solidaire! Je vous encourage tous et toutes à en faire autant...
Gérard Briand, MBA (entreprise collective)
rMontréal
gbriand@sympatico.ca
