Alliance Atlantis confirme qu'elle discute avec un acheteur potentiel

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Édition du samedi 06 et du dimanche 07 janvier 2007

Mots clés : CanWest, Goldman Sachs, Alliance Atlantis, Entreprise, Canada (Pays)

Goldman Sachs et CanWest auraient fait une offre commune

Toronto -- Alliance Atlantis Communications a confirmé hier matin qu'elle était en pourparlers avec un acheteur potentiel, après la publication d'un reportage indiquant qu'un consortium formé de Goldman Sachs et CanWest avait fait une offre à l'entreprise.

Alliance a affirmé dans un communiqué que son actionnaire principal, Southhill Strategy, «participe aux discussions».

Southhill est la propriété du président exécutif d'Alliance, Michael MacMillan et de Seaton MacLean. «Rien ne permet de conclure que ces discussions mèneront à une entente finale», a indiqué Alliance.

Dans un reportage publié hier, le Globe and Mail a affirmé que CanWest et Goldman Sachs s'étaient associés pour faire l'acquisition d'Alliance Atlantis.

Ces développements surviennent après des mois de rumeurs voulant que CanWest soit intéressée à acheter Alliance, une entreprise surtout connue pour sa participation de 50 % dans la très populaire série télévisée CSI.

La filiale d'investissement privé de Goldman envisagerait soit un achat de cette participation de 50 %, soit un prêt à CanWest avec cette participation offerte en garantie. Les droits d'Alliance sur CSI comprennent les droits de distribution internationaux pour les trois versions de cette série, qui génère des revenus considérables pour l'entreprise.

Ensemble, CanWest et Goldman pourraient offrir jusqu'à 2,1 milliards $CAN pour Alliance, selon ce qui a été rapporté. CanWest et Goldman ont refusé de commenter l'affaire hier.

CanWest et Goldman risquent toutefois de ne pas être les seuls à tenter de mettre la main sur Alliance. Astral Media et Corus s'apprêteraient aussi à faire une offre, selon certaines sources, tandis que des câblodistributeurs rivaux comme Rogers et Videotron auraient moins de chances de l'emporter.

En décembre, la chaîne de télévision américaine CBS, le diffuseur de CSI aussi copropriétaire de la série télé, aurait été intéressée à acquérir la participation de 50 % d'Alliance, de manière à pouvoir développer la série à l'extérieur de l'Amérique du Nord.

Alliance détient par ailleurs une participation de 51 %, dont la valeur est estimée à 166 millions, dans la fiducie de revenus Motion Picture Distribution.

Un analyste qui suit l'entreprise de cinéma et de télévision a affirmé à la chaîne télé d'actualités économiques ROBTv que la lutte pour son acquisition pourrait être féroce. Il estime que son prix de vente pourrait atteindre jusqu'à 60 $ l'action, comparativement au cours actuel de 51 $ auquel le titre se transige en ce moment. La valeur de l'entreprise, en incluant ses actions de catégorie B en circulation, atteindrait ainsi plus de 2,4 milliards.

«Nous avons un prix cible de 60 $ pour Alliance Atlantis, a dit Carl Bayard, un analyste de Desjardins Valeurs mobilières, à Montréal. Je crois qu'il y a encore une marge pour une hausse. Nous entrevoyons une forte enchère pour l'acquisition.»

Pour sa part, Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, estime que la vente de l'entreprise en une seule entité -- la stratégie que privilégierait Alliance -- n'offre peut-être pas la meilleure valorisation de ses différentes composantes. Il croit que Goldman achètera probablement Motion Picture Distribution, et possiblement la participation dans CSI.

Le vice-président du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, Peter Murdoch, a dénoncé la vente éventuelle d'Alliance, en estimant qu'elle s'inscrit dans le cadre plus large d'une dangereuse concentration de la propriété des médias.

M. Murdoch demande au premier ministre Stephen Harper et à la ministre du Patrimoine, Bev Oda, d'informer les grands conglomérats médiatiques qu'ils risquent de susciter une réaction musclée s'ils poursuivent sur la voie des fusions et des acquisitions.

«Il revient à la ministre du Patrimoine [...] de s'intéresser au problème avant que la surenchère ne commence réellement, a-t-il dit. Le Canada a déjà la réputation peu enviable d'être le meneur mondial en matière de concentration des médias.»


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