États-Unis - La solidité de l'emploi éloigne une possible baisse des taux

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AFP
Édition du samedi 06 et du dimanche 07 janvier 2007

Mots clés : FOMC, solidité de l'emploi, Réserve fédérale, Économie, États-Unis (pays)

L'économie américaine a créé 167 000 emplois au mois de décembre

Le gouverneur de la Réserve fédérale, Ben Bernanke. Les statistiques sur l'emploi aux États-Unis ont été encourageantes, éloignant dans l'immédiat la probabilité d'une baisse des taux de la Fed et posant même la question d'un éventuel relèvement.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Le marché de l'emploi aux États-Unis s'est montré très résistant en décembre, éloignant dans l'immédiat la probabilité d'une baisse des taux de la Fed et posant même la question d'un éventuel relèvement.

L'économie américaine a créé 167 000 emplois en décembre, soit davantage que prévu (100 000) et maintenu un taux de chômage inchangé à 4,5 %, en dépit des difficultés des constructeurs automobiles américains et de l'immobilier résidentiel, a annoncé hier le département du Travail.

«Les chiffres d'aujourd'hui vont décevoir ceux qui cherchent de nouveaux signes de ralentissement et doucher les attentes d'un revirement en matière de politique monétaire», à savoir un abaissement des taux directeurs américain, a commenté Steven Wieting, économiste de Citigroup.

«Un baisse des taux au premier trimestre est désormais hors de question et la probabilité d'un abaissement au deuxième trimestre diminue», a résumé Nigel Gault, économiste de Global Insight.

Les marchés ont interprété ces chiffres de la même manière, la Bourse de New York évoluant en baisse en matinée, et l'euro passant sous le seuil de 1,30 $ pour la première fois depuis six semaines.

La prochaine réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) est prévue les 30 et 31 janvier. Lors de sa dernière réunion le 12 décembre, le FOMC avait décidé de laisser son taux directeur inchangé à 5,25 % pour la quatrième fois consécutive.

Les créations d'emplois ont été vigoureuses dans le secteur tertiaire en décembre avec 178 000 au total, surtout dans les services aux entreprises (50 000) et l'éducation/santé (43 000), a détaillé le département au Travail.

«Ces progressions sont d'autant plus impressionnantes que les embauches ont diminué [de 9200, NDLR] dans la vente de détail», a souligné David Resler, économiste en chef de la firme Nomura.

«Les faiblesses sont apparues là où on les attendait», a ajouté Nigel Gault, «à savoir l'industrie et la construction, quoique la construction a mieux résisté que ces derniers mois, peut-être grâce aux températures clémentes», a-t-il souligné.

Le bâtiment a supprimé 3000 emplois en décembre, contre 25 000 en novembre, et l'industrie 12 000, sans surprise compte tenu des difficultés des constructeurs automobiles américains et de leurs sous-traitants. «La reprise sous-jacente demeure intacte», en conclut Steven Wieting.

«Le recul des embauches a été notoire dans la plupart des secteurs fortement liés à l'immobilier résidentiel mais la vigueur observée partout ailleurs confirme l'interprétation optimiste selon laquelle le ralentissement du marché immobilier ne dégénérera pas en un déclin plus général de l'activité économique», a confirmé David Resler de Nomura.

«L'effroi suscité par la faiblesse de l'étude ADP s'est avéré être simplement une crainte, et rien d'autre», a ajouté Nigel Gault. Le secteur privé a supprimé 40 000 emplois en décembre aux États-Unis après en avoir créé 158 000 en novembre, avait indiqué mercredi le cabinet de gestion des ressources humaines ADP, alors que les analystes tablaient sur environ 125 000 créations d'emplois.

Autre signe d'encouragement, la vigueur des salaires, qui «constitue un soutien pour la consommation», a souligné John Silvia, économiste en chef de la firme Wachovia. Le salaire horaire moyen a progressé de 8 ¢ en décembre, à 17,04 $US, ce qui représente une hausse de 0,5 % sur un mois, supérieure aux attentes des analystes (+0,3 %). La progression a atteint 4,2 % sur un an.

Cette hausse étant de nature inflationniste, la question pour la Fed est désormais de savoir «si elle maintient ses taux ou si elle les relève», a estimé Nigel Gault.


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