Alcan refuse de vendre son électricité moins cher en Colombie-Britannique
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Toronto -- Alcan affirme qu'elle abandonnera son projet d'expansion de deux milliards à Kitimat, en Colombie-Britannique, si les autorités provinciales l'empêchent de vendre ses surplus d'électricité au prix du marché, a rapporté hier le Globe and Mail.
«Considérant les conditions économiques que nous avons en ce moment et considérant aussi les règles du jeu qui nous ont été présentées pour un investissement en Colombie-Britannique, il est impossible de justifier un tel investissement si nous ne sommes pas certains de pouvoir vendre nos surplus au prix du marché», a dit M. Jacques, lors d'un entretien avec le Globe and Mail.
La British Columbia Utilities Commission (BCUC) a récemment rejeté la convention d'achat d'électricité conclue entre Alcan et BC Hydro relativement à son projet d'investissement de deux milliards à Kitimat, municipalité située au nord-ouest de la province. Cet accord aurait permis à la multinationale québécoise de vendre jusqu'à 380 mégawatts d'électricité à BC Hydro sur une période de 20 ans.
Le projet d'expansion d'Alcan prévoyait la modernisation de la fonderie de Kitimat. Il avait été annoncé en août dernier.
M. Jacques affirme que le prix de 71 $ par mégawattheure qu'Alcan devait recevoir de BC Hydro correspond au prix moyen payé par BC Hydro à d'autres fournisseurs indépendants. Il en coûte entre 5 $ et 10 $ à Alcan pour produire un mégawattheure.
«Pourquoi accepterions-nous moins aujourd'hui que ce que BC Hydro verse à d'autres fournisseurs pour exactement le même produit?, a demandé
M. Jacques lors de son entrevue avec le Globe and Mail. Comment pourrions-nous justifier cela à nos actionnaires et aux fonds de pension qui détiennent des actions d'Alcan?»
M. Jacques a précisé au quotidien que sans des revenus garantis découlant de la vente d'électricité, l'expansion n'est peut-être plus économiquement viable. «Ces revenus nous aident à justifier l'investissement dans la fonderie. Mais si les gens nous disent "vous ne pouvez pas vendre l'électricité", alors il n'y a pas d'entente. Il n'y a aucune logique économique pour nous de construire une nouvelle fonderie en Colombie-Britannique», a ajouté M. Jacques.
Plusieurs groupes et personnes, dont le maire de Kitimat, Richard Wozney, se sont opposés au volet du projet portant sur la vente d'électricité. Ils soutenaient que le prix offert à Alcan pour son électricité était trop élevé et que le projet n'était pas dans l'intérêt du public.
Les opposants affirmaient en outre que Alcan a accès à une ressource naturelle précieuse, l'eau, pour produire de l'électricité destinée à la production d'aluminium, non pour la revendre à prix fort aux gens de la Colombie-Britannique.
L'approbation par la BCUC de la convention d'achat d'électricité à long terme modifiée et reformulée était une des trois conditions mises de l'avant par Alcan pour l'approbation définitive du projet de modernisation de l'usine Kitimat lors de son annonce le 14 août 2006.

