Bombardier fera bientôt le point sur la Série C
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Le marché pour ce type d'avion se serait amélioré

«Nous nous attendons à ce que le conseil d'administration approuve le lancement du programme grâce au soutien d'un partenaire», a écrit Fadi Chamoun.
La livraison du premier appareil C110, comptant entre 100 et 110 places, pourrait être faite vers 2012, a-t-il ajouté.
Les représentants de Bombardier n'ont pas voulu confirmer qu'une décision sera prise mais ils ont indiqué que l'entreprise ferait bientôt le point sur le programme Série C.
«Bombardier Aéronautique publiera d'ici la fin de janvier une mise au point concernant le programme Série C», a déclaré le porte-parole de l'entreprise, Marc Duchesne.
Il a ajouté que Bombardier discute avec Pratt & Whitney et CSM concernant les moteurs pour ces appareils. CSM est une coentreprise de General Electric et du fabricant français de moteurs Snecma.
«Nous discutons avec des investisseurs et des clients potentiels ainsi qu'avec les principaux manufacturiers de moteurs, et nous entrevoyons donc ce programme avec confiance, mais il est encore trop tôt pour donner plus de détails», a ajouté M. Duchesne.
Bombardier a mis le projet Série C sur la glace l'hiver dernier, après avoir fait valoir que les conditions du marché ne justifiaient pas son lancement à ce moment.
L'entreprise a toutefois profité des derniers mois pour mousser le projet auprès de clients et de partenaires potentiels et pour examiner la flotte mondiale d'appareils, affirme Karl Moore, de l'université McGill.
«Je pense qu'ils vont aller de l'avant parce qu'il y a un marché potentiel pour des milliers d'avions», a-t-il dit, en faisant référence à environ 6000 appareils.
L'étude de la flotte mondiale aurait aussi démontré qu'un marché existe pour des appareils plus grands, qui offrent de plus importantes économies d'essence, qui causent moins de dommages à l'environnement et qui répondent aux exigences de passagers recherchant plus d'espace.
«La flotte qu'ils visent à remplacer se fait de plus en plus vieille, a précisé M. Moore. Aucun concurrent sérieux n'existe dans ce marché, et ce sont donc deux signes encourageants.»
La brésilienne Embraer, par exemple, cible principalement le marché des appareils régionaux et d'affaires, la française Airbus va de problème en problème avec son gigantesque A380 et l'américaine Boeing essaie d'empêcher sa rivale européenne de se relever, poursuit M. Moore.
En novembre, le p.-d.g. de Bombardier Aéronautique, Pierre Beaudoin, avait indiqué que l'entreprise n'ira de l'avant avec ce projet qu'avec un partenaire. Un partenariat avec une firme chinoise pourrait, par exemple, lui donner accès à un marché lucratif, souligne M. Moore.
Fadi Chamoun prévient toutefois que ce projet pourrait avoir un impact marqué sur Bombardier à moins que ses partenaires financiers ne soient Boeing ou Airbus, ce qui paraît «peu probable».
«Nous croyons que la prudence est de mise à court terme», a-t-il écrit, en rappelant que le projet pourrait avoir un impact négatif sur la valeur de l'entreprise.
Le conseil d'administration de Bombardier avait établi trois conditions pour aller de l'avant avec le projet: développer un appareil économique en carburant, décrocher entre 50 et 100 commandes garanties et dénicher un partenaire approprié.
À la Bourse de Toronto, hier, le titre de Bombardier a reculé de 10 ¢, clôturant à 4,06 $.

