Au service de la PME - La relève se prépare
Mots clés : Centech, École de technologie supérieure, PME, Entreprise, Éducation, Québec (province)
« Ce ne sont rien de moins que des athlètes scientifiques »
Les PME représentent une partie non négligeable de l'économie québécoise. Les institutions universitaires tentent sans cesse de se coller à leurs réalités et de bâtir des ponts entre elles et les travailleurs qu'elles forment. De nombreuses initiatives qui dépassent l'habituel secteur de la recherche ont été mises sur pied au cours des dernières années. Bref survol de deux d'entre elles.Pour ce faire, le Centech mise sur l'ingéniosité des étudiants-inventeurs qui élaborent constamment de nouveaux prototypes technologiques. Le centre les appuie dans leurs démarches en leur offrant des espaces et les infrastructures nécessaires à la réussite de leurs initiatives.
En d'autres termes, le Centech est un véritable incubateur technologique.
Création d'entreprises
Depuis sa création, il y a maintenant 10 ans, il a permis la création d'une soixantaine d'entreprises, dont une bonne vingtaine volent désormais de leurs propres ailes. Le directeur-fondateur du centre, Jacques Fortin, avance que, «dans nos universités et nos écoles, on a toujours formé les jeunes pour l'employabilité [sic]. Nous, au centre, on s'est dit que les jeunes pourraient très bien sortir de l'école avec un diplôme en main, un plan d'affaires en poche et une entreprise».
Casse-gueule, cette initiative? Non, répond M. Fortin. Il assure que la mission du Centech est justement de «minimiser les risques» en offrant un encadrement adapté aux difficultés liées au démarrage d'entreprises, particulièrement dans un secteur «à risque» comme celui des technologies. Pour éviter les écueils, les étudiants se font parrainer par des professeurs lors de l'élaboration de leurs prototypes. Et lors de la mise en marché de ceux-ci, c'est au tour de parrains issus du milieu des affaires de prendre le relais.
Évidemment, assurer la réussite d'initiatives étudiantes «n'est pas une mince tâche», mais il s'agit d'une noble tâche, lance M. Fortin. «Nos jeunes ingénieurs qui développent des technologies peuvent être vus comme des marathoniens. Cela peut leur prendre plusieurs années à mettre au point une technologie: développer le concept, le concrétiser, le faire valider, le tester, le faire homologuer... c'est un véritable marathon! Ce ne sont rien de moins que des athlètes scientifiques.»
Promouvoir la science
Restant dans l'analogie sportive, M. Fortin soutient avec vigueur qu'on ne parle pas assez des jeunes créateurs et inventeurs d'ici. «Il ne serait peut-être pas mauvais de remplacer les émissions qui parlent de sport en soirée par des émissions qui parlent de nos athlètes scientifiques», précisant qu'ils sont les moteurs d'une économie et d'un savoir-faire québécois hors de l'ordinaire. «Il faut changer le discours habituel et leur faire plus de place. Ce sont eux qui font qu'on se retrouve aux quatre coins du monde.»
Mais d'ici là, le Centech continuera de les appuyer dans leurs efforts. Sachant très bien qu'un excellent ingénieur n'est peut-être pas le meilleur des gestionnaires, Jacques Fortin désire développer le volet de la mise en marché dans les années à venir.
«Pour créer une force de vente, on pense regrouper les produits par catégories. Des distributeurs ou des représentants pourraient alors s'occuper d'en faire la vente», ce qui permettrait aux jeunes ingénieurs de se concentrer sur ce qu'ils font de mieux, soit créer, innover et développer.
Un institut de l'entrepreneuriat à Sherbrooke
On le sait, le fossé qui sépare la réalité de la théorie est souvent plus profond qu'on pourrait le croire. L'Institut d'entrepreneuriat de l'Université de Sherbrooke a justement été créé en 1995 pour construire un pont entre le monde universitaire et le marché du travail. L'organisation s'est alors dotée d'une mission de taille: soutenir les étudiants intéressés par l'entrepreneuriat, mais également faire avancer la connaissance sur les PME, l'entrepreneuriat et le travail autonome.
Un programme a justement été développé à cet effet: le programme Relève-PME. Celui-ci permet à des étudiants intéressés par la création d'entreprises d'être confrontés aux réalités quotidiennes de celles-ci. L'Institut leur offre l'occasion de suivre, durant quelques jours, un dirigeant d'entreprise. «Il ne faut pas se tromper. Ce n'est pas un stage», souligne à gros traits le fondateur et directeur du développement de l'Institut d'entrepreneuriat, Gilles Saint-Pierre.
L'entreprise vue de l'intérieur
L'étudiant n'intervient en aucun cas dans la gestion de l'entreprise. Il est plutôt là pour être confronté aux réalités quotidiennes de cette dernière et échanger sur le terrain avec les gestionnaires. «Cette occasion n'est pas offerte à l'ensemble des étudiants. On s'assure de cibler ceux qui ont le potentiel nécessaire et de leur proposer cette expérience», précise M. Saint-Pierre.
L'Institut ouvre ses portes à tous les étudiants de l'Université de Sherbrooke, indique-t-il. Ce choix découle du fait que l'entrepreneuriat se «trouve dans tous les secteurs d'études: aussi bien en littérature qu'en communication ou en administration».
Le fondateur de l'Institut d'entrepreneuriat rappelle que «seulement 12 à 15 % des gens ont le profil entrepreneurial» et ce n'est pas dit qu'ils sont concentrés dans la faculté de l'administration. Loin de là. «On peut même ajouter que plus tu es instruit, moins tu développes ton profil entrepreneurial. Les universités ont plutôt tendance à montrer une appréhension du risque qui est... de ne pas en prendre.»
L'objectif de l'Institut est donc de démystifier l'univers entrepreneurial. Pour ce faire, il organise de nombreuses activités de sensibilisation, un volet très important de son action. Outre les conférences, témoignages et réunions organisés afin de permettre aux étudiants de rencontrer des entrepreneurs de la région, l'Institut organise sa «Quinzaine de l'entrepreneuriat», à la fin mars. Il s'agit là d'une occasion d'informer les étudiants de l'Université de Sherbrooke sur les possibilités qui s'offriront à eux après leurs études.
Collaborateur du Devoir
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