Québec préfère voir Rona Ambrose aux Affaires intergouvernementales
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La nomination de John Baird à l'Environnement ne rassure pas pour autant les écologistes

Photo: Agence Reuters
«Elle est très, très ouverte et sensible à la réalité québécoise», a commenté le ministre Pelletier, qui connaît sa nouvelle vis-à-vis depuis l'époque où elle était responsable du dossier des affaires intergouvernementales dans l'opposition aux Communes.
«Elle était l'une de ceux qui défendaient le dossier du déséquilibre fiscal, au moment où elle était dans l'opposition, pour convaincre son chef d'en faire un enjeu électoral», a relaté M. Pelletier.
Elle appuyait aussi l'engagement du gouvernement Harper de permettre au Québec de disposer d'une voix à l'Unesco, a-t-il poursuivi.
Le climat d'affrontement avec le Québec qui a marqué le passage de Mme Ambrose au ministère de l'Environnement ne refroidit pas l'enthousiasme du ministre québécois.
Selon lui, la ministre albertaine «avait un dossier qui ne lui permettait pas» d'illustrer son ouverture à l'égard du Québec. «Elle était perçue comme celle qui dans le fond s'opposait à l'accord de Kyoto, même si je suis certain qu'elle veut elle aussi qu'il y ait une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais la véritable Rona Ambrose, celle que je connais, est une personne très ouverte à l'égard du Québec», a-t-il insisté.
Porte-parole du gouvernement Charest pour l'occasion, M. Pelletier croit par ailleurs que la nomination de John Baird à l'Environnement marque la volonté d'Ottawa de «modifier son message» et de donner une «nouvelle impulsion» à son engagement par rapport aux questions environnementales.
Mais, de leur côté, les écologistes ont réagi avec scepticisme à cette nomination, assimilée à une opération «cosmétique», selon le mot de Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace-Québec.
«Si Stephen Harper souhaite gagner la confiance des Canadiens [...], il doit changer complètement sa politique sur les changements climatiques et les questions environnementales, et pas seulement son personnel», dit-il.
Me Michel Bélanger, président intérimaire de Nature-Québec, estime pour sa part qu'il faudra «un coup de barre à 180 degrés des conservateurs pour que leur politique environnementale devienne crédible: ce n'est pas un jeu de chaises musicales qui va faire la différence».
Pour André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA), ce changement de garde constitue au mieux une manoeuvre électorale et, au pire, «une stratégie pour masquer l'absence de politique environnementale».
Quant au Sierra Club du Canada, il estimait hier que la nomination de John Baird n'améliorera en rien le bilan des conservateurs en environnement à moins que le premier ministre Harper ne lui donne le mandat d'atteindre les objectifs de Kyoto par une réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur industriel, par l'abolition des privilèges fiscaux de 1,5 milliard par année consentis à l'industrie pétrolière et par l'application des normes californiennes au parc automobile canadien.
Du côté syndical, la CSN perçoit dans le remaniement d'hier une tentative du premier ministre Stephen Harper de renouveler «un cabinet qui vieillit mal» en vue des prochaines élections.
Compte tenu de sa «performance désastreuse» à l'Environnement, Rona Ambrose s'en tire fort bien avec une simple mutation, pense la présidente de la centrale, Claudette Carbonneau.
«On remercie Rona Ambrose sans la punir pour services rendus. Manifestement, elle devait partir», a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Du reste, Mme Carbonneau se réjouit du départ de Vic Toews du ministère de la Justice, ayant un préjugé nettement plus favorable envers son successeur Robert Nicholson.
«M. Toews était très à droite et plutôt boulimique au plan des législations. Il est fort prévisible qu'il fasse moins de dégâts au Conseil du trésor. Le nouveau venu à la justice, Robert Nicholson, est nettement plus au centre», a mentionné la dirigeante syndicale.
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Avec Louis-Gilles Francoeur, Le Devoir

