Année de vaches grasses pour les Bourses mondiales
Mots clés : Bourses mondiales, Dow Jones, bénéfices, États-Unis (pays), Asie (Région)
Aux États-Unis comme en Asie, l'euphorie gagne la planète financière

Photo: Agence Reuters
En un an, l'indice américain Dow Jones a gagné 16,7 %, en finissant pour la première fois de son histoire au-dessus des 12 500 points.
Le Nasdaq, marché américain des valeurs technologiques, a pris 10,2 %. Son indice a frôlé cette année les 2500 points, pour la première fois depuis 2001. Toronto a gagné 14,35 %, Mexico 48 % et Sao Paulo 33 %.
Même tendance en Europe: Paris finit sur une progression de 17,53 %, Madrid affiche une hausse annuelle record pour la zone euro (+31,8 %), Francfort enregistre une progression de 21,98 %, Zürich de 15,85 % et Londres de 10,71 %.
Le tableau est encore plus flatteur en Asie: la Bourse de Tokyo, qui a gagné seulement 6,92 %, pénalisée notamment par le niveau élevé du yen, fait exception car Hong Kong a progressé de 34,2 %, Shanghaï de 130,47 % et Mumbay de près de 47 %.
«Les marchés boursiers ont bénéficié de résultats d'entreprises globalement meilleurs qu'attendu, de la pause de la politique monétaire américaine et d'un contexte financier encore très favorable», grâce à une épargne abondante, résume Valérie Plagnol, de la société de courtage française Crédit Mutuel-CIC. «La multiplication des opérations de fusions et acquisitions a entretenu la tendance haussière», ajoute-t-elle.
Les montants des transactions de ce type entre sociétés n'ont jamais été aussi élevés, à 3610 milliards de dollars, en hausse de 30 % par rapport à 2005, selon des chiffres provisoires du fournisseur de données Thomson Financial.
Sur ce total, les fonds d'investissement, qui s'endettent lourdement pour réaliser leurs opérations (dites à effet de levier, LBO) ont représenté 700 milliards de dollars, étendant leur rayon d'action de manière spectaculaire. Ce qui n'est pas sans susciter des craintes chez les autorités de régulation, en raison du recours immodéré à l'emprunt qu'ils font, et chez les salariés des sociétés visées du fait de la priorité qu'ils donnent à la recherche du profit à court terme.
L'explosion des fusions et acquisitions d'entreprises a fait en tout cas des heureux parmi les cadres des banques d'affaires, qui ont vu leurs bonus annuels augmenter en conséquence. Ils sont estimés à plus de 600 000 $ par salarié chez Goldman Sachs, la plus riche, et atteignent en moyenne 300 000 à 500 000 $ chez les autres banques américaines.
Les perspectives pour 2007 restent favorables dans l'ensemble, même si certains spécialistes craignent un ralentissement des progressions de certains marchés. En cause: l'affaiblissement de la croissance américaine et les craintes pour l'Europe de l'appréciation de l'euro et des hausses des taux d'intérêt.
En 2007, la croissance des bénéfices des entreprises devrait «rester solide, en particulier en Europe et en Asie», selon Dominic Rossi, responsable de la stratégie actions du fonds d'investissement britannique Threadneedle Investment, tandis que «l'activité des fusions et acquisitions va rester soutenue, apportant ainsi un appui constant aux marchés d'actions».
Un avis partagé par les experts de la maison de courtage Ixis Securities, selon qui «les marchés financiers offrent peu d'alternatives séduisantes» en dehors des actions.

