Paris craint une «déstabilisation en chaîne» de toute la Corne de l'Afrique

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AFP
Édition du jeudi 28 décembre 2006

Mots clés : Conflit, Corne de l'Afrique, Philippe Douste-Blazy, Somalie (pays), Afrique (Région)

Paris -- Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy s'est déclaré «profondément préoccupé» par la «menace de déstabilisation en chaîne» de toute la Corne de l'Afrique que représente le conflit en Somalie, dans une interview au quotidien Le Parisien publiée aujourd'hui.

M. Douste-Blazy estime également que les Somaliens devaient «être les seuls maîtres du destin de leur pays» et se dit opposé à toute «solution militaire» ou «qui ignore la souveraineté des États ou des peuples».

«Je suis très profondément préoccupé par la situation qui prévaut en Somalie, comme d'ailleurs par l'escalade générale de la violence dans l'ensemble de la Corne de l'Afrique», a-t-il dit.

M. Douste-Blazy a précisé que la France était «en relation permanente avec l'ensemble de ses partenaires, comme avec les autres pays de la sous-région». «Je pense à l'Érythrée ou à Djibouti, qui sont eux aussi concernés par cette menace de déstabilisation en chaîne», a-t-il poursuivi.

La France possède à Djibouti, pays frontalier de la Somalie, sa plus grande base militaire à l'étranger.

«Le Darfour depuis maintenant près de quatre ans, la Somalie maintenant: avec ces deux crises, c'est un risque majeur de déstabilisation dans une zone stratégique essentielle pour l'ensemble du continent africain», a estimé le ministre.

«Cesser les combats [est] la priorité des priorités», a jugé le ministre, «parce que les victimes de ces violences sont d'abord la population civile avec le retrait des ONG, les ruptures d'approvisionnement en eau et en nourriture».

Il a appelé à «reprendre le dialogue engagé entre les Somaliens eux-mêmes, qui doivent être les seuls maîtres du destin de leur pays». «En Somalie, comme ailleurs, notre position est constante: dans le monde d'aujourd'hui, il ne peut y avoir de solution militaire durable», a-t-il dit. «Il ne peut y avoir davantage de solution qui ignore la souveraineté des États ou des peuples, quels qu'ils soient.»

Les forces gouvernementales somaliennes, appuyées par des troupes éthiopiennes, s'approchaient hier de Mogadiscio, contrôlé par les islamistes qui ont battu en retraite sur de nombreuses positions depuis mardi.

L'Union africaine (UA) a appelé au retrait des troupes éthiopiennes de Somalie et à l'arrêt des combats.


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