2007-08 - Une année polaire internationale sur fond de changements climatiques

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Édition du jeudi 28 décembre 2006

Mots clés : biodiversité, scientifiques, régions polaire, Climat, Changements climatiques, Canada (Pays)

Jour de blizzard à Resolute Bay, dans le Nunavut, en avril dernier.

Photo: Le Devoir

Calgary -- Des chercheurs provenant de 63 pays, dont le Canada, profiteront d'un budget de 500 millions de dollars en 2007-08 pour tenter de mieux comprendre les régions polaires dans le cadre de l'Année polaire internationale (API).

Ces fonds leur permettront d'étudier le Nord circumpolaire et l'Antarctique. Les scientifiques se pencheront ainsi sur des sujets comme la biodiversité des araignées arctiques ou l'adaptation des communautés nordiques au réchauffement de la planète.

Leurs recherches se dérouleront aussi sur fond de changements climatiques, de développement industriel et de querelles de souveraineté.

Les scientifiques verront de plus à la pertinence de leurs recherches pour les peuples nordiques, a expliqué David Hik, un biologiste de l'Université de l'Alberta qui préside la portion canadienne du programme.

«Il y a eu tout un changement dans la manière dont on fait de la recherche au Canada, a-t-il dit. Nous essayons de faire en sorte que nos découvertes soient pertinentes pour la politique publique et pour les questions qui préoccupent les populations nordiques.»

Il y a de cela 25 ans, les scientifiques se rendaient fréquemment dans les régions nordiques, posaient leurs questions, effectuaient leurs expériences et rentraient au Sud sans jamais plus donner de nouvelles aux communautés qui les avaient accueillis.

Cette époque est toutefois révolue. Les autorités territoriales consultent maintenant les communautés concernées avant d'émettre les permis requis, et certains projets pourront être tout simplement refusés.

Les études qui portent sur la santé, et plus particulièrement sur des infections comme le VIH, soulèvent des questions liées à la vie privée dans de petites communautés où tous se connaissent. Dans l'ouest de l'Arctique, les communautés protègent jalousement le savoir de leurs aînés.

Besoins des habitants

Il s'agit de la troisième année polaire internationale, après celles de 1882 et 1932. Ce sera toutefois la première fois que les études porteront tout particulièrement sur les besoins des habitants de l'Arctique, et M. Hik affirme que c'est en bonne partie grâce au Canada. «Le Canada a vraiment défendu la dimension humaine [de la recherche]», a-t-il dit.

Le gouvernement canadien fournira un financement d'environ 150 millions tandis qu'environ les deux tiers des activités approuvées par l'API seront menées par ou incluront des Canadiens, ce qui donne au Canada une énorme influence sur le type de recherches qui seront menées.

«Les changements climatiques sont le thème principal», a expliqué M. Hik, même si plusieurs chercheurs se pencheront aussi sur la santé des communautés nordiques et l'impact du développement économique à une époque où l'Arctique est une source de plus en plus prisée d'énergie et de matières premières.

Les recherches auront aussi des retombées économiques et scientifiques sur ces communautés puisque les chercheurs embaucheront de la main-d'oeuvre locale et développeront des partenariats, ce qui, espère M. Hik, mènera à la formation de chercheurs issus de la région.

L'Année polaire internationale commence officiellement en mars.


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