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Irréalisme à tout va!
Et lorsque G.W, Bush parle de l'Irak comme du principal front de la «guerre contre le terrorisme», il oublie que c'est lui qui a ouvert la porte au terrorisme en Irak, en envahissant ce pays sans en mesurer les conséquences.
La lutte contre le terrorisme, suscitée par l'attentat meurtrier du 11 septembre, ne passait pas par l'Irak, mais les conseillers de Bush en avaient décidé autrement, sans s'embarrasser de preuves (ou en en fabriquant), ni de l'agrément de l'ONU. On en voit aujourd'hui le résultat. Que G.W. Bush se réjouisse de la condamnation à mort de Saddam Hussein n'a rien de surprenant. Comme gouverneur du Texas, il a fait exécuter nombre de condamnés, ce qui est d'ailleurs assez étonnant de la part d'un homme qui fait largement appel à des convictions religieuses.
Déclarer, à propos de la confirmation de la peine de mort de S. Hussein que : «Aujourd'hui marque un jalon important dans les efforts du peuple irakien pour remplacer le régime d'un tyran par l'État de droit», relève d'une analyse tout aussi fantaisiste, que tous ses propos sur la situation en Irak. On a l'impression que le président Bush, qui a ouvert «la boîte de Pandore» dont lui avait partlé le président Chirac au moment de l'invasion projetée de l'Irak, et qui ne sait comment la refermer, utilise la méthode Coué pour se persuader que tout va bien et ira encore mieux dans les jours à venir. On sait que la méthode Coué est une forme d'autosuggestion basée sur la persuasion par la répétition, censée entraîner l'adhésion du sujet aux idées positives qu'il s'impose et ainsi un mieux-être psychologique. Cette méthode tient son nom des travaux du psychologue et pharmacien français Émile Coué (1857 - 1926). On l'avait surnommé «le marchand de bonheur» aux États-Unis.
Il est fort douteux qu'avec une telle méthode G.W. Bush apporte en Irak, sinon le bonheur, du moins la sécurité. Et l'exécution de Saddam Hussein ne contribuera certainement pas à instaurer la démocratie et la paix dans ce pays. Les propos de l'avocat du condamné risquent fort de devenir réalité : «Si la sentence est exécutée, ce sera une catastrophe pour la région et cela ne fera qu'aggraver les conflits religieux». Et aggraver aussi la situation du président des États-Unis dans son propre pays.
