Somalie - L'armée éthiopienne repousse les islamistes dans leurs retranchements

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AFP
Édition du mercredi 27 décembre 2006

Mots clés : armée, forces loyalistes, islamistes, Éthiopie (pays), Somalie (pays)

Le corps d'un soldat éthiopien gisant au sol sur le lieu d'un combat dans la localité d'Isale.

Photo: Agence Reuters

Mogadiscio-- L'Éthiopie, qui soutient les forces loyalistes en Somalie, a affirmé hier avoir vaincu les miliciens des tribunaux islamiques qui ont, eux, qualifié de «tactique» leur retrait de certaines positions du centre et du sud du pays.

L'escalade des combats a suscité des réactions inquiètes en Afrique et dans le monde, amenant le Conseil de sécurité de l'ONU à convoquer pour hier soir une réunion afin d'examiner la situation qui menace la Corne de l'Afrique d'un embrasement.

Hier, les États-Unis ont apporté leur soutien à l'intervention éthiopienne tout en demandant au gouvernement d'Addis-Abeba de faire preuve d'une «retenue maximum».

«L'Éthiopie a de vrais soucis de sécurité par rapport à ce qui se passe en Somalie et a apporté un soutien [au gouvernement de transition somalien] à la demande de l'autorité légitime» de Somalie, a indiqué un porte-parole du Département d'État américain.

Mais, a-t-il ajouté, «les États-Unis ont appelé et continuent d'appeler le gouvernement éthiopien à faire preuve d'une retenue maximum dans son intervention en Somalie et à assurer la protection des civils».

«Les États-Unis demeurent inquiets de la détérioration du climat de sécurité et de l'impact humanitaire des combats en Somalie», a dit M. Gallegos.

Plus de mille morts

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a affirmé que ses troupes -- entrées en Somalie dimanche selon Addis-Abeba -- et celles du gouvernement de transition qu'elles soutiennent avaient infligé «plus de 1000 morts et 3000 blessés» aux islamistes, au cours d'une conférence de presse à Addis-Abeba. Les islamistes sont désormais «hors jeu», a-t-il ajouté.

Le gouvernement éthiopien a revendiqué hier la prise de six localités, selon un communiqué du ministère éthiopien de l'Information. L'armée éthiopienne «encercle» également la ville de Dinsoor et avance «pour contrôler Bulo, Borde et Jowhar», selon le ministère.

Le chef de l'exécutif du Conseil suprême islamique de Somalie (SICS), cheikh Sharif Sheik Ahmed, a expliqué que les islamistes avaient «changé de tactique militaire» et étaient prêts à «mener une guerre de longue haleine avec l'Ethiopie».

Le gouvernement de transition somalien s'est déclaré hier prêt à accorder une «amnistie totale» aux combattants islamiques, les appelant à déposer les armes.

Légitime défense

L'Éthiopie, soutenue par les États-Unis, voit avec hostilité cette montée islamiste, qu'elle associe au terrorisme, et se considère en légitime défense dans ce conflit qui risque de déstabiliser davantage la Corne de l'Afrique.

Face à ce danger, le chef de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, a exigé hier un retrait «immédiat» des troupes éthiopiennes. Il a annoncé l'envoi prochain d'une mission de l'OCI en Somalie et dans des pays voisins.

Hier, le gouvernement kenyan a lui aussi demandé à l'Éthiopie de cesser ses «attaques militaires» contre les tribunaux islamiques, et a exhorté les deux belligérants au dialogue.

Nairobi, qui redoute l'arrivée massive sur son territoire de réfugiés somaliens, a ajouté qu'il tentait d'organiser une réunion régionale d'urgence.

Outre la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union africaine a déjà convoqué pour aujourd'hui une «réunion de concertation» avec la Ligue arabe et l'Igad (Autorité intergouvernementale de développement, sept pays d'Afrique de l'Est) à Addis-Abeba, siège de l'UA.

Enfin, le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a mis en garde contre un exode massif des populations.

Le gouvernement somalien avait annoncé lundi la fermeture de ses frontières terrestres, aériennes et maritimes. «Le gouvernement a décidé de fermer les frontières et d'interdire les espaces aériens et maritimes», a fait savoir par téléphone Abdirahman Dinari, porte-parole du gouvernement. «Nous demandons à la communauté internationale, et notamment aux pays voisins, de nous aider à mettre en oeuvre cette décision.»


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