Parlant de minceur, la ministre Line Beauchamp se réfère sans doute plutôt au bilan famélique du gouvernement Charest: voilà un premier ministre qui n'a livré aucune, vous m'avez bien lu aucune des promesses électorales majeures sur lesquelles il a été élu: rien sur les baisses d'impôts, rien de réforme de la fiscalité (taxe sur le capital, indexation des tables d'impôts), rien pour corriger la trajectoire du système éducatif, des centaines de millions gaspillés en vain dans le système de santé - plutôt que de s'attaquer à la source du problème, l'absence de concurrence, alors que la Cour suprême avait pourtant déblayé le chemin), une "réingéniérie" avortée au premier froncement de sourcil des syndicats, un dégel des frais de scolarité universitaire escamoté sous la "menace" de quelques trublions étudiants de la classe moyenne, et pour finir en beauté une rafale de "gadgets" pré-électoraux tous aussi bidons les uns que les autres, des enveloppes de 24 million aux lobbys féministes, à ce "plan vert" qui ne tient pas debout. Incurie, inaction, et esbrouffe: ce qu'on dit devient plus important que ce que l'on fait.
Alors "mince" est peut-être encore trop généreux pour qualifier le bilan du gouvernement Charest, c'est "transparent" qu'il faudrait utiliser. Mario Dumont n'est pas sans défauts, en particulier sa "carrure" politique parait bien étroite au regard des défis que son parti prétend affronter, et sa campagne sur l'accomodement raisonnable est indéniablement teintée de démagogie populiste. Mais il faut bien reconnaître que c'est le seul sur la scène politique à articuler clairement les priorités du Québec.
Alors, à tous les lecteurs qui comme moi on voté Libéral aux dernières élections provinciales, croyant naïvement que Jean Charest allait faire ce qu'il promettait de faire, puisqu'il était "prêt", je dis: si quelqu'un vous fourre une fois, honte à lui; s'il vous fourre deux fois, honte à vous.