Loto-Québec joue le jeu de la carte à puce

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Kathleen Lévesque
Édition du mardi 19 décembre 2006

Mots clés : carte à puce, appareils de loterie vidéo, Loto-Québec, Jeu de hasard, Québec (province)

Fini l'argent comptant dans les appareils de loterie vidéo

Un appel de propositions a été lancé pour instaurer un système de portefeuille électronique.

Photo: Jacques Nadeau

Avec l'implantation des salons de jeu, Loto-Québec instaurera une nouvelle façon de parier. Plus besoin d'argent comptant dans les appareils de loterie vidéo (ALV). Il suffira d'utiliser une carte à puce qui servira de portefeuille électronique.

Selon Loto-Québec, cette «carte est un outil de prévention» puisque les joueurs détermineront eux-mêmes leurs limites de jeu, c'est-à-dire la période de temps et la somme maximale investie. «C'est assez innovateur. Mais il reste certaines fonctionnalités à fixer», s'est bornée à dire hier au Devoir Marie-Claude Rivet, porte-parole de la société d'État.

Mme Rivet a souligné que «Loto-Québec fera des annonces en temps et lieu».

Au début de l'automne, Loto-Québec a publié un appel de propositions afin de mettre en place un système de gestion de fonds électroniques et de jeu responsable pour appareils de jeux. À la lecture du document, il semble clair que Loto-Québec souhaite réduire l'utilisation d'argent dans les ALV ainsi que les appareils de loterie vidéo «multijoueurs». «Implanté sous la forme d'une carte, cet instrument est simple et pratique pour en faciliter l'usage auprès de la clientèle», souligne-t-on dans l'appel de propositions.

L'utilisation de la carte sera obligatoire pour commencer une session de jeu. Lorsque le client introduira sa carte et que sa limite de temps ou d'argent sera atteinte, «un message discret» s'affichera à l'écran de l'appareil de jeu. Il pourra alors réapprovisionner son fonds électronique en insérant de l'argent directement dans l'appareil. Il est souligné que l'actuelle limite de crédit de 60 $ ne s'appliquera pas à cette fonction.

Quant à la vision du jeu responsable, elle ressort assez peu dans l'appel de propositions. On indique toutefois dans les caractéristiques techniques que le système sera «en mesure de recueillir à distance les données par un mécanisme automatisé». On peut donc déduire que Loto-Québec compilera des informations sur qui joue, à quelle fréquence et pour quel montant.

Le contrat n'est pas encore attribué; les soumissionnaires en sont à l'étape de la démonstration de la technologie proposée. Le choix devrait être connu d'ici quelques semaines. Le contrat sera d'une durée de trois ans, renouvelable pour trois autres années.

Le système de portefeuille électronique sera implanté dans les salons de jeu de Québec et de Trois-Rivières qui doivent ouvrir leurs portes l'automne prochain. Il pourrait également être étendu dans les deux autres salons de jeu prévus, un à Mont-Tremblant et un autre dans la couronne nord (plus probablement à Laval), dont l'ouverture est prévue en 2008.

Trois des salons de jeu seront combinés à autant d'hippodromes. Le nouveau concept est appelé Ludoplex par la filiale de Loto-Québec, mise en place pour gérer les salons de jeu, soit la Société des salons de jeux du Québec. Cette voie a été empruntée afin de reconfigurer le réseau des ALV au Québec. Le gouvernement a choisi de réduire le nombre d'ALV dans les bars ainsi que dans les restaurants et de les concentrer dans des salons de jeu.

Cette façon de faire permet du même coup de relancer l'industrie des courses de chevaux. En effet, le gouvernement a décidé de privatiser les quatre hippodromes et de verser au nouveau propriétaire, Attractions hippiques, une commission de 22 % de tous les revenus des ALV dans les salons de jeu.

Attractions hippiques, qui appartient au sénateur Paul J. Massicotte, mise sur un rajeunissement de la clientèle du pari sur piste. Dans une entrevue au Devoir publiée samedi dernier, M. Massicotte a soutenu que les jeunes familles et les enfants étaient dans la mire puisque les hippodromes, nouvelle version, offriront de l'animation pour tous les âges. Le sénateur a également précisé qu'il travaillait en étroite collaboration avec la société d'État qui partage ses visées.

Hier, Marie-Claude Rivet de Loto-Québec s'est montrée tranchante sur cette question. «M. Massicotte n'est pas habilité à parler au nom de Loto-Québec. La clientèle visée dans nos salons de jeu se situe entre 25 et 55 ans», a-t-elle précisé. Elle a ajouté que «quiconque n'aura pas l'air d'avoir 30 ans devra présenter ses cartes».

De plus, la société d'État est en train d'élaborer un code d'éthique «très strict» concernant ses salons de jeu, a précisé Mme Rivet.

Parallèlement à ces travaux ainsi qu'à la mise en place d'une carte à puce qui viserait à rendre le jeu dans les ALV plus responsable et, plus globalement, à la création des salons de jeu que Loto-Québec justifie par une volonté de rendre moins accessibles les ALV, Attractions hippiques a lancé un programme de fidélisation de sa clientèle. Appelé PariPlus et calqué sur le modèle des cartes de primes, ce plan permet aux parieurs d'accumuler des points échangeables contre des bons afin de parier encore sur les courses de chevaux.

Pour mener à bien son entreprise, le sénateur Massicotte a récemment embauché des cadres supérieurs issus de la Société nationale du cheval de course (SONACC), comme l'a révélé la semaine dernière Le Devoir. La haute direction de la SONACC, créée sous le gouvernement du Parti québécois, a été montrée du doigt par le Vérificateur général du Québec. De nombreuses irrégularités dans la gestion ont été relevées, faisant même dire au vérificateur, Renaud Lachance, que cela ressemblait à «un bar ouvert»


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Toute une invention........ - par robert clermont (babou245@hotmail.com)
Le vendredi 26 octobre 2007 08:00

Dépendance - par Isabelle Sawyer (isabelle.sawyer@gmail.com)
Le mercredi 20 décembre 2006 12:00

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