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Une littérature nationale sans frontières
L'institution littéraire québécoise est un objet puissant qui a émergé dans le paysage culturel alors que sa littérature n'arrivait à peine à s'installer. Les éditeurs ont profité de la prise de la France durant la Seconde Guerre pour imprimer les oeuvres de nos cousins français. Nous avons alors participé à mettre le Québec sur la carte. Plus tard, la littérature comme les autres formes artistiques se sont faites revendicatrices : le féminisme entre autre choses mais aussi, évidmenent, sur la langue comme marqueuse d'une nation. La langue servait à se promouvoir elle-même au travers différents exercices artistiques. Pensons au joual. La langue a été employée pour se concevoir une identitée. Parallèlement, une identitée nationale basée la marginalité de cette langue, différente du reste de la francophonie. Différente aussi, évidement, de l'anglais qui se veut démographiquement plus importante.
Les frontières linguistiques sont peu subtiles et presque impénétrables. On doit au Québec d'avoir une culture distincte parce qu'elle a entretenu une culture de résistance par rapport à l'anglais. Aujourd'hui la littérature québécoise est enseignée et étudiée. Sa place est faite ici comme ailleurs. La littérature nationale est lue ailleurs dans les espaces de la francophonie comme nous lisons nous aussi le français de la Martinique et du Sénégal. Nous ne pouvons plus parler du grand centre de Paris et de ses multiples satellites. Il n'y a que la francophonie, espace de multiples cultures diffusée par le même appareil linguistique.
Dire qu'il y a une culture Canadienne centralisée formée de différentes petites poches culturelles est difficile à concevoir. L'existence d'une littérature québécoise est réactionnaire à la menace d'assimilation. Dans ce combat qui devait mener à une identité distincte, nous avons entraîné sans discrimination des auteurs canadien français comme Gabrielle Roy. Serait-elle devenue ce qu'elle ait sans le Québec?
