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Pas de développement, ni profit, sans responsabilité.

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Érik Michaud (egmichau@videotron.ca)
Envoyé Le vendredi 15 décembre 2006 22:00



Qui est responsable des services naturels nécessaires à la santé?

Ce n'est pas la beauté, ni la rareté ni la diversité ni l'ancienneté qui me préoccupe quand on choisit de drainer et construire sur les milieux humides. Ce qui me préoccupe, c'est la disparition des services naturels essentiels à notre santé publique, maintenant gratuits et tantôt forts coûteux à remplacer.

L'évaluation du millénaire publiée par la PNUE nous avise de ces enjeux. Et nous vivons déjà de graves problèmes liés à la disparition de ces services. Nos agences de santé publique publient régulièrement des avis de pollution affectant notre santé. Nous avons besoin de filtrer ces pollutions. Et aujourd'hui nous savons que d'infimes quantités suffisent pour nous empoisonner.

Allons-nous accepter de devoir payer pour vivre dans un lieu qui ne nous rende pas trop malade? Que devient notre monde en acceptant que le pouvoir d'achat justifie le partage de la santé? Qui sont ces maîtres qui nous échangent littéralement un peu de droit de vivre contre notre travail? C'est un combat pour la liberté. Et compte tenu des écarts importants et grandissants dans la répartition des richesses, c'est aussi un combat contre une discrimination révoltante!

Cette réglementation lance un message fort et clair que la santé est plus une industrie qu'un état de bien être et de prospérité. Elle place aussi clairement les intérêts économiques de certains spéculateurs au devant du droit de la population à la santé.

On sait maintenant que lorsque les projets empiètent sur les milieux humides, ceux-ci perdent leur vitalité. Lorsque les scientifiques balisent que la limite est atteinte, la négociation devrait être finie. Or voilà que l'on assiste à une expertise flexible selon le débiteur qui la finance et on en arrive à une partie de négociation! On entend alors des arguments aberrants comme l'appel à la "faible valeur écologique" pour banaliser l'empiètement d'un projet immobilier. Pourtant, les mises en garde sont claires, les superficies restantes de milieux humides sont bien trop petites pour nos besoins. Voilà pourquoi l'on doit interdire toute perte et travailler à la restauration.

Ah, il est beau ce projet immobilier le jour de la vente! Mais le milieu humide amputé s'efface progressivement et ne remplie plus les services nécessaires à la santé. Alors la communauté paie les conséquences sur sa santé. Cependant, quelqu'un s'est rempli les poches et se la coule douce quelque part, capable pour un temps de se payer... quelques soins de santé.

En définitive, cette réglementation vise peut-être à maintenir l'ordre. Mais elle nous entraîne tête baissée vers un avenir où nous aurons peu de moyen de rectifier le tir... car nous serons trop endettés par nos coûts de santé déjà lourds à porter... par manque de santé gratuitement fournie par la nature.

Il est temps que l'on raisonne ces gens obstinés dans la poursuite opportuniste de vendre notre futur pour se faire une retraite! Seuls ceux qui vivent sur le territoire et qui doivent assumer les conséquences du projet ont le droit de choisir ce qui sera fait de ces milieux humides. L'argent ne donne pas droit au vote. Seules les conséquences assumées solidairement donnent droit au vote.

Vous voulez aménager les milieux humides? Alors vivez là de leurs services, et fournissez des garanties suffisantes pour réparer les erreurs... au cas où.

Ah non! PAS DE DEVELOPPEMENT SANS RESPONSABILITE!

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