Opinion

Lettres: Réforme scolaire

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Marie Léveillé, Gatineau, le 7 décembre 2006

Édition du jeudi 14 décembre 2006

Mots clés : réforme, Éducation, Québec (province)

La réforme scolaire n'en finit plus de faire discourir. On entend maintenant parler de la réforme de la réforme de la part des enseignants. Pendant ce temps, le ministre de l'Éducation donne la note B au système scolaire québécois. Pour ma part, j'ai tenté de garder une ouverture d'esprit depuis la mise en application de ce renouveau pédagogique en me disant qu'un enseignant compétent demeure un enseignant compétent malgré toutes les réinventions de nos fonctionnaires. Cependant, après quelques années, ma patience s'épuise. Il y a bien sûr les enfants en difficulté qui ne reçoivent pas suffisamment de soutien et qui arrivent malgré tout à franchir les échelons du primaire.

C'est inconcevable. Par ailleurs, on entend moins parler des conséquences pour les gens qui progressent bien et qui se retrouvent dans des classes bondées comptant plusieurs élèves en retard d'apprentissage. Aussi compétents et expérimentés soient-ils, les enseignants sont débordés et souvent dépassés. Ils doivent voir aux élèves qui, par exemple en quatrième année, ont peine à lire.

Ainsi, quand l'enseignante de ma fille me demande de lui procurer des cahiers d'activités pour passer le temps et éviter qu'elle s'ennuie à l'école, je suis de plus en plus préoccupée. Les ratés de cette réforme ne risquent-ils pas de faire perdre l'envie d'aller à l'école, de faire perdre le goût d'apprendre à l'ensemble des élèves?

Privilégiant la diversité et la réalité des classes composées d'élèves forts, moyens et faibles, j'ai volontairement fait le choix de l'école publique régulière pour mes enfants. Cependant, le dérapage actuel me désole, et je m'interroge: suis-je en train de décrocher moi aussi? Force est de reconnaître que la réforme actuelle risque malheureusement de faire beaucoup trop de victimes.


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