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Trop tard, les Mamelouks sont déjà au pouvoir.

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Michel Bastien
Envoyé Le mardi 12 décembre 2006 12:00



Au XIIIe siècle, le Sultan d'Egypte recruta des mamelouks (mercenaires) pour se constituer une armée et gérer son empire. En 1250, les Mamelouks se mirent à exercer le pouvoir ''de facto'', ne conservant le Sultan que pour la façade.

Au XXe siècle, les actionnaires confièrent à des gestionnaires professionnels la gestion de leurs entreprises. Vers 1950, ces Managers se mirent à exercer ''de facto'' le pouvoir en ayant soin de conserver le mythe, hérité de l'ère industrielle, de l'actionnaire-roi.

Comme le Sultan à l'époque, l'actionnaire est vénéré mais il est totalement à la merci des nouveaux Mamelouks: dividendes réduits en faveur du rachat d'actions, généreux octrois d'actions à effet dilutif, assemblées annuelles controlées grâce aux procurations, listes de membres du Conseil dictées, etc. Les mercenaires devenus seigneurs sont maintenant occupés à s'enrichir (salaires faramineux, options, retraites, parachutes,etc.) et à guerroyer pour accroitre l'étendu de leurs fiefs respectifs (fusion et acquisition).

Dans ce contexte, limiter le droit de vote aux seuls actionnaires à long terme consoliderait le pouvoir de la nouvelle dynastie puisque la grande majorité des actionnaires ne conserve pas leurs actions plus d'un an.
Le monde a changé: les technocrates sont au pouvoir au public comme au privé. A l'actionnaire, il ne reste plus que le pouvoir d'encaisser le dividende que les technocrates voudront bien leur verser et le pouvoir d'acheter ou de vendre. Pour orienter les entreprises vers des objectifs à long terme, mieux vaudrait travailler sur les motivations des détenteurs du pouvoir effectif ,i.e., les mamelouks-managers-technocrates, et faire dépendre leur enrichissement personnel de performances à long terme ( 10 ans et plus). Mais, il me semble que c'est trop peu, trop tard: les Mamelouks sont au pouvoir depuis déjà longtemps.

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